Attentats de Casablanca : le devoir de mémoire

Attentats de Casablanca : le devoir de mémoire

Trois années sont passées.. le devoir de mémoire s’impose cependant à nous ; en souvenir des victimes, pour leurs familles, mais aussi parce que le terrorisme continue de frapper. La mémoire est un élément du combat!
Et c’est bien de cela qu’il s’agit :quelle société, quel avenir voulons-nous et préparons-nous à nos enfants et à nous-mêmes ?
Devoir de mémoire, désir d’avenir!
La jeunesse représente justement le maillon qui peut et doit unir ces deux éléments de la «chaîne de la vie». Le terrorisme se nourrit de nombreux maux – outre les techniques d’embrigadement à visée meurtrière, il se nourrit du désœuvrement, du désespoir, de la misère morale, du chômage. Nous devons entourer notre jeunesse -notamment les plus fragiles en son sein- «d’un cordon de sécurité» : cela passe par l’épanouissement de soi et donc l’accès au sport, à la culture, aux loisirs… en passant par la formation et bien sûr l’emploi- clé de voûte de l’intégration sociale ! L’INDH telle que conçue est sûrement le levier le plus à même d’agir sur ces facteurs, pourtant sur le terrain- même si beaucoup a été fait. Les jeunes sont « en demande » et cela est normal car l’impatience est le propre de la jeunesse. Ne faisons pas de faux-procès à l’INDH, seulement une année s’est écoulée depuis le discours de SM le Roi du 18 mai 2005. C’est à la fois peu et beaucoup et nombre de projets ont vu le jour.
D’où vient donc ce sentiment de blocage ressenti sur le terrain, parfois ? Plusieurs raisons y procèdent, me semble-t-il: d’abord un télescopage avec certains élus ou «candidats à l’élection !» qui veulent instrumentaliser l’INDH. Ensuite la tentation hégémonique d’un certain nombre «d’ONG 5 étoiles » aux dépens du tissu associatif local, de terrain, enfin -et cela n’est certainement pas de leur fait- le manque de formation des jeunes militants associatifs des quartiers urbains et des communes rurales…
La jeunesse est l’une de nos grandes causes nationales mais si notre pays est un pays jeune, il pense «vieux» ce qui explique, en partie, le sentiment de relégation de nos jeunes. Efforçons-nous donc de penser «jeune» ce qui passe certes par une rénovation et un rajeunissement des structures partisanes, sportives… Mais aussi (voire surtout) par un indispensable rajeunissement de notre pensée.La base de la construction de la société que nous sommes majoritaires à vouloir bâtir est bel et bien notre jeunesse! Observons qui a crié au scandale au sujet de l’excellent film «Marock» et relevons leur moyenne d’âge, regardons qui s’insurge – faussement- au sujet de nos festivals musicaux et là aussi observons l’âge… Il est réconfortant de voir que la jeunesse reste sourde à ces sirènes passéistes et décide elle-même de ce qui est bon pour elle : la meilleure réponse n’est-elle pas l’affluence enregistrée par le film «Marock» projeté dans nos salles et l’immense foule de jeunes et moins jeunes qui se précipitent aux différents festivals organisés à travers le Royaume?
Messieurs les censeurs, arrêtez de penser pour nous, arrêtez de considérer notre jeunesse comme mineure. Eduquer ne veut pas dire mettre sous tutelle. Conseiller ne signifie pas jeter l’anathème…  Désir d’avenir, devoir de mémoire ! Savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va. Commémorer le 16 mai ne veut pas dire s’y complaire, cela veut dire donner un contenu au mot mémoire. Se souvenir qu’une douzaine de jeunes se sont donné et ont donné la mort, victimes quant à eux de l’embrigadement ; qu’une quarantaine de citoyenset des étrangers ont payé de leur vie, le tribut au terrorisme aveugle, que d’autres en portent les traces dans leur corps, que d’autres en portent les blessures dans leur âme. Au lendemain des attentats, une immense foule a marché derrière le slogan «Matquich Bladi» (ne touche pas à mon pays), notre pays a su relever le défi et aujourd’hui notre pays avance. Qui peut honnêtement le nier ?
Pas aussi vite que nous le souhaitons ? Avec des ratés ?
Regardons autour de nous et constatons sans emphase ni démagogie que nous représentons une exception  dans un monde arabo-musulman en bien piteux état. Ayons confiance en nous-mêmes, aimons notre pays au lieu de le dénigrer sans arrêt (en particulier quand nous nous trouvons face à des étrangers), donnons l’esprit d’initiative à nos jeunes… Osons! Car l’imagination nous fait souvent défaut. L’inventivité nous manque et nous avons du mal à sortir des schémas et des sentiers battus, mais surtout, surtout, faisons preuve de responsabilité et lorsque nous sommes à un poste, une fonction, un emploi… alors œuvrons et assumons !
Nous possédons beaucoup d’atouts, dont l’un des plus prometteurs est bien notre jeunesse, sachons faire de ce gisement, le flux qui irriguera notre avenir. Pour cela construisons le présent, car entre devoir de mémoire et désir d’avenir, il y a le temps d’agir : c’est aujourd’hui !

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