Au-delà de la pudeur, le racisme

Un point qui fait toujours couler de l’encre et suscite un bon nombre de réactions. En France, le pays où vivent la majorité des Maghrébins le phénomène de ségrégation allait resurgir au début des années 90.
Particulièrement avec la montée sur scène du Front National et son leader. Aujourd’hui, l’on prétend que c’est fini. Or ce n’est pas ce vocabulaire de plus en plus incisif, histoire de se mettre au diapason du nouvel ordre mondial, qui cacherait la forêt.
Selon M.Ahmed Ghayet, acteur très actif de la nouvelle génération des Marocains en France, le racisme est bel et bien une réalité. Et d’ajouter «Si les prétentions tendent vers la disparition de ce phénomène, je pense que ce n’est pas vrai. Peut-être que des gens comme Le Pen ne se prononcent plus trop en public, mais ils ont levé les barrières vis à vis des citoyens aux tendances racistes. Avant, les gens n’osaient pas montrer leurs sentiments anti-étrangers. Actuellement c’est devenu presque une sorte d’opinion ! Alors qu ‘en réalité c’est un délit d’opinion condamnable».
Les exemples qui confirment les dires de M.Ghayet sont courants. Un couple français est allé dans un hôpital pour une consultation urgente. Le médecin de garde, un professeur très compétent, est d’origine africaine.
Dès son entrée, la réaction de la femme ne se fait pas attendre. Elle ne veut plus se faire examiner. «Je n’aime pas les noirs» dit-elle tout simplement. Le médecin ne trouve rien à dire devant une lubricité affichée avec autant de décontraction et se retire sans le moindre commentaire. L’époux ne s’attendait visiblement pas à un tel comportement de la part de sa femme, traduisant son trouble par une flopée d’excuses à l’égard du médecin.
La discrimination se fait sentir à plusieurs niveaux. A l’embauche, à l’attribution de logement, aux loisirs etc. Un jeune beur résume la situation en disant «Chaque fois que j’envoie mon CV, c’est comme si je signais mon arrêt de mort. Si c’est pas mon nom qui me cause le refus, c’est ma photo ou sinon, mon adresse. Je viens d’une banlieue démunie». Samedi soir, des boîtes de nuit sont interdites à certaines races humaines. Les gens de couleur et les Maghrébins. Même son de cloche chez Mohamed Adli, enseignant en France «On peut être ce que l’on veut être, se sentir meilleur, différent voire unique. Ce n’en est pas moins un être humain fait de chair et de sang, capable de réagir en tant que tel à un moment donné» explique-t-il avant de conclure par une interrogation «est-ce que chacun de nous a une place dans la vie ou s’agit-il d’une réalité à alterner ?»
Sur le plan culturel, celui du cinéma notamment, certains producteurs clament haut et fort qu’ils ne veulent pas d’arabe dans leurs films. La situation n’en est que plus paradoxale lorsque l’on sait que parmi les films qui dominent actuellement en chiffres d’entrées, sont ceux où joue Jamal Debbouz !! «On est confronté à un racisme qui existe, bien qu’il ne soit pas fondé» explique l’acteur Roshdy Zem. Une ségrégation gratuite, contrée heureusement par la société civile, et par certains intellectuels et artistes français. C’est dire que la problématique du racisme n’est pas prête d’être résolue. La situation se complique encore plus à cause des pressions occultes qui rebondissent à travers certains politiciens à la conscience flexible. Ce qui cause beaucoup de tort à une société française, somme toute la plus tolérante du vieux continent. Une grande partie des Français eux-mêmes luttent contre ce fléau qui porte atteinte à leur histoire de nation libre, égale et fraternelle. Nietzshe a écrit : «Et comment voudriez-vous supporter la vie sans cet espoir, vous qui accédez à la connaissance ? De naissance vous n’avez pu être situé ni dans l’inconcevable ni dans le déraisonnable».

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