Au nom de la vérité

L’affaire des victimes de l’Anapec prend finalement son cours normal qu’elle devait emprunter dès le début : la justice. C’est le seul moyen de faire la lumière sur une affaire déjà éclairante en déterminant la chaîne des responsabilités. Les membres du conseil d’administration de l’Anapec, le Premier ministre en tête en sa qualité de président, sont arrivés à cette conclusion au terme des recommandations de la commission chargée spécialement de cette affaire.
Si l’on comprend bien, deux actions en justice seront engagées. L’une aux Émirats Arabes Unis contre l’agence Al Najat, responsable de l’escroquerie aux 30.000 emplois à bord de bateaux de croisière et l’autre au Maroc à l’encontre des acteurs locaux de cette sombre histoire pour établir éventuellement les complicités.
Le volet marocain du scandale se limite à trois intervenants : le ministre de l’Emploi sous le gouvernement Youssoufi, le directeur général de l’Anapec et les responsables de la clinique Dar Salam à Casablanca. La chaîne des responsabilités se trouve ici.
Que des questions et quelles questions ! Comment se fait-il que l’on ait livré des milliers de jeunes marocains en quête de travail à des escrocs internationaux sans qu’aucune précaution ne soit prise ? Cette soit-disant opération de recrutement massif sentait l’arnaque à plein nez, à moins que les facultés olfactives des intéressés n’aient été sciemment mises en veilleuse.
Chafik Rached, directeur général de l’agence, se trouve en première ligne pour avoir montré un zèle tout particulier dans la gestion de cette fumisterie. Depuis quand des candidats au travail paient-ils de leur poche les frais d’embauche ? C’est à la charge de l’employeur. Première faute. Ensuite, comment se fait-il que les postulants des quatre coins du pays aient été orientés vers une seule et unique clinique pour débourser rubis sur l’ongle la somme de 900 DH ?
C’étaient en fait des pigeons qu’on plumait sous couvert d’une visite médicale en exploitant leur détresse et en entretenant chez eux l’illusion de travailler à bord de bateaux de croisière ! Tout dans ce dossier sulfureux est une succession d’erreurs, de maladresses et de négligences. Au nom de la vérité, il faut savoir si ces dernières étaient commises de bonne foi ou non. Dans les deux cas, l’affaire est grave.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *