Autoroutes du Maroc : Est-ce le bout du tunnel ?

Autoroutes du Maroc : Est-ce le bout du tunnel ?

Le management de la Société des Autoroutes du Maroc (ADM) tente toujours de trouver une issue au mouvement social qui dure depuis le 6 avril. Après deux mois de grève du personnel des stations de péage, avec toutes les perturbations que cela suppose, l’activité reprendra vraisemblablement son cours normal. C’est du moins ce qu’indique une source bien informée à ADM qui révèle qu’un accord a été finalement trouvé avec les sociétés prestataires de services dont dépend le personnel gréviste. En effet, au mois d’avril, quelques jours après le déclenchement de la grève et voyant que les pourparlers ne menaient à aucun résultat, la direction d’ADM avait décidé de changer de démarche. Un appel d’offres fut lancé pour la sélection de nouveaux prestataires en remplacement des anciens avec surtout la fixation de nouvelles règles du jeu. En fait, il s’agissait plus pour le management d’ADM de conclure de nouveaux contrats basés sur de nouveaux cahiers des charges. Pourquoi ? Il s’agit de s’assurer que les nouveaux prestataires respectent certaines obligations pour éviter que de telles situations se reproduisent. Il est question là en particulier des obligations à caractère social et plus précisément la nature des contrats qui les lient à leur personnel. Il faut rappeler, à ce niveau, que l’origine de grève réside dans le fait qu’une partie du personnel qui assurait le service dans les stations de péage, et qui relève d’entreprises prestataires de services et non pas d’ADM, disposait de contrats à durée déterminée (CDD) et était constamment considérée comme intérimaire. Pour résoudre à la base ce problème, les prestataires sont tenus désormais par un nouveau cahier des charges. Entre autres obligations, elles devront notamment signer des contrats à durée indéterminée (CDI) avec leur personnel. C’est sur cette base que quatre prestataires ont été retenus dans le cadre du nouvel appel d’offres mais dont trois étaient déjà en activité. Dans la foulée, des sources à ADM indiquent que l’activité devrait reprendre officiellement le mercredi 13 juin dans toutes les stations de péage sans exception. Il y a quelques jours d’ailleurs, les quatre prestataires ont reçu les ordres de services pour commencer leurs activités. Mais pour autant, du côté des grévistes et de leur syndicat, il n’est pas sûr que le problème soit résolu.  Pas plus tard que dimanche 10 juin, et contrairement aux informations obtenues auprès d’ADM, le syndicat national des agents de péage (affilié à l’UMT) rendait public un communiqué avec un tout autre son de cloche. Dans ce communiqué, le syndicat continue de dénoncer la démarche de la société et du ministère de tutelle, en l’occurrence celui de l’équipement et du transport. Il indique, entre autres, que les agents grévistes ont reçu à leurs domiciles et par voie d’huissiers de justice, des correspondances les invitant à rejoindre leurs lieux de travail. Les syndicalistes se disent également étonnés de constater que les agents devront continuer de travailler avec les mêmes entreprises sachant qu’elles «ont été à l’origine de la grève». A en croire donc le ton du communiqué, le syndicat a vraisemblablement choisi de refuser la solution proposée par ADM et le ministère de tutelle et a clairement indiqué que la grève se poursuivra. Du côté d’ADM, on assure pourtant que tout ce qui a été entrepris à ce jour l’a été en concertation et avec accord d’une commission technique qui a été constituée pour solutionner le problème. «A la demande du ministère de tutelle, nous avons révisé les cahiers des charges de manière à ce qu’ils prennent en compte toutes les doléance des grévistes», explique un responsable à ADM qui affirme que les syndicalistes continuent malgré tout d’exiger l’intégration en tant que salariés de la société. Sur le terrain, en revanche, et en attendant le 13 juin, date de reprise annoncée par ADM, c’est un peu la confusion. Sur la gare de péage menant à l’aéroport de Nouaceur, par exemple, le passage des véhicules était complètement libre 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 depuis le 6 avril. Mais depuis le jeudi 7 juin, le péage était de retour mais de manière intermittente à raison de deux ou trois heures par jour. En même temps, aux abords de la gare, les agents grévistes étaient toujours dans leur campement de fortune avec leurs banderoles sous le regard indifférent de quelques gendarmes postés sur le site. Et rien ne semble indiquer qu’ils vont lever le camp de sitôt.

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