Avenue royale : Le boulevard des escrocs

Avenue royale : Le boulevard des escrocs

La Société nationale de l’aménagement communal (Sonadac) est une entreprise publique qui a été créée dans un but précis : la concrétisation des grands projets urbains de la ville de Casablanca. Parmi ces grands objectifs, certains revêtent une importance vitale pour le développement urbain, social, économique et touristique de la capitale économique. Il s’agit notamment de l’aménagement de l’Avenue royale et de la Corniche. Pourtant, dix ans après la création de la SONADAC, ces deux projets piétinent toujours et leur concrétisation tarde à venir. Ce retard est dû à plusieurs raisons dont une grande partie incombe, selon des sources informées, à une mauvaise gestion de la boîte et à une déviation de sa mission initiale.
Ces problèmes auraient été évoqués lors du dernier Conseil d’administration de cette entreprise publique tenu en juin dernier. A cette occasion, le directeur général, Mohamed Naïmi, avait évoqué l’existence de plusieurs difficultés qui entravent la réalisation desdits projets.
Mais, selon des sources bien informées, la direction de la Sonadac aurai commis beaucoup d’erreurs de gestion qui ont conduit la société à une situation très difficile qui se caractérise notamment par une détérioration de son patrimoine foncier et à la fragilisation de sa situation financière ce qui a porté atteinte à son image et a rendu difficile toute tentative de son redressement pour qu’elle puisse réaliser ces objectifs.
Devant cette situation, des voix se sont élevées pour appeler à une action urgente en faveur de la révision de ses missions et de son mode de gestion. Du côté du Conseil de la ville de Casablanca, on signale que la Sonadac nécessite une prise en main urgente.
Parmi les reproches que l’on fait à la gestion de cette entité, il y a lieu de citer le retard enregistré sur le projet de l’Avenue royale. Rappelons que le grand projet de l’Avenue royale consiste en la création d’une grande artère d’un kilomètre et demi, allant de la place Mohammed V à la place des Nations Unies, et qui sera jalonnée par d’impressionnants édifices dont un palais des congrès et un grand théâtre, et qui facilitera l’accès à la grande mosquée Hassan II depuis le centre de la ville.
Le retard enregistré est dû notamment au piétinement de l’opération de relogement des habitants des quartiers qui devaient être démolis vers la cité Nassim.
Depuis octobre 2000, le nombre de familles qui ont pu être relogées est resté très inférieur par rapport au rythme nécessaire à une bonne marche de l’opération. Ainsi, si, 530 familles ont été relogées en 1995, et 740 en 1999, il faut dire qu’en 2003, ce nombre n’a pas dépassé 90 familles. Il est donc clair qu’à ce rythme, il serait impossible d’aller de l’avant puisqu’il s’agit d’un échec notoire de la gestion actuelle de l’opération de relogement. Il faut aussi signaler que, si l’opération Nassim souffre d’un ralentissement de son rythme, il y a d’autres phases qui n’ont même pas commencé alors qu’ils devaient être terminées en 2002. il s’agit notamment du relogement de 1650 ménages dont 750 résidants dans le bidonville d’Al Hank, 350 à Derb El Fesser, 350 au bidonville Nassim et 200 qui font partie du dossier de sinistrés de Boujdour. Et si, la Sonadac était censée concrétiser les grands projets dont elle a été chargée, elle a été dotée d’un patrimoine foncier et financiers nécessaires à une telle mission. Toutefois, ce patrimoine a été dilapidé puisque l’on a procédé à une liquidation des terrains à l’état brut alors qu’elle aurait dû les exploiter dans le cadre de son programme d’action. C’est le cas, par exemple, des projets Al Ouaha et Bechar El Kheir, qui ont été vendus à des promoteurs privés. Cette vente en l’état est indéniablement un manque à gagner qui prive la société de son potentiel foncier. Mais, le problème le plus grave que la Sonadac a provoqué est sans doute celui de l’hypothèque de certaines assiettes foncières au profit des banques pour obtenir des prêts qu’elle n’a pas pu honorer par la suite ce qui a créé des situations conflictuelles avec certains bénéficiaires.
C’est le cas dans l’affaire de la cité des enseignants universitaires situées à Nassim et Islane que le ministère de l’Intéreur avait subventionné et que le Fond d’équipement communal avait soutenu. La Sonadac, qui n’avait pas de garanties réelles pour obtenir un crédit d’une banque de la place et dont le montant s’élevait à 24 millions de Dhs, a hypothéqué les terrains concernés avant de procéder au remboursement de la totalité du crédit d’un seul coup sans aucune raison logique laissant ainsi le FEC en tant qu’unique créancier du projet mais sans pouvoir le rembourser. La situation qui en résulta a créé une situation financière très difficile.
Ainsi, en dix ans d’existence, la Sonadac n’a concrétisé aucune des projets dont elle avait été chargée de la réalisation. Un bilan qui devrait être examiné de près afin de mettre fin à une situation qui ne fait que se détériorer davantage.

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