Avis de tempête sur le Mouvement populaire : Fronde contre Mohand Laenser à la veille des élections législatives

Avis de tempête sur le Mouvement populaire : Fronde contre Mohand Laenser à la veille des élections législatives

Le Mouvement populaire (MP) continue à bouillonner au gré du bras de fer qui met aux prises depuis quelques jours le secrétaire général, Mohand Laenser, et un groupe de militants qui s’est érigé en comité dit de redressement. Ce dernier n’a particulièrement pas apprécié les propos tenus par le SG dans un communiqué rendu public le 13 août où il minimise la portée et la représentativité de ce qu’il a appelé «un pseudo comité» en tirant à boulets rouges sur le porte-parole de ce comité Hassan Maouni. Ahmed Fadli, un des initiateurs et meneurs de ce mouvement réformateur, affirme que le comité de redressement ne jettera pas l’éponge et qu’il continuera à œuvrer pour tenir un congrès extraordinaire du MP avant les prochaines élections législatives prévues au mois de novembre. «Laenser a pratiquement tout perdu. Les notables et les proches de Laenser sont actuellement avec nous. Les Harakis qui nous soutiennent, notamment des élus et des cadres, représentent toutes les régions du Maroc. Nous avons pu collecter près de 2 500 signatures parmi les membres du parti», indique M. Fadli, dans une déclaration à ALM. «Nous appelons à un congrès extraordinaire pour donner un nouveau visage à notre parti et assurer la réconciliation entre les différentes composantes du parti. Nous ne renoncerons pas à cette demande», ajoute-t-il. M. Fadli justifie cette demande par ce qu’il qualifie de «l’incapacité de Laenser d’assurer une bonne gestion des affaires du MP». «Laenser n’a jusqu’à présent pas de secrétaire général-adjoint. Il est ordonnateur unique du parti et il n’a pas d’adjoint. Il est aussi président du conseil national du parti et il n’a pas d’adjoint. Il monopolise tout. Nous refusons catégoriquement cette situation», poursuit-il. Commentant l’approche de la date des élections législatives, M. Fadli affirme que «la tenue du congrès extraordinaire constitue une manière pour se préparer aux élections. Pour un grand parti comme le MP, le délai de 15 jours suffit pour se préparer aux échéances électorales». Contacté par ALM, Mohamed Ouzzine, membre du bureau politique du MP, a pour sa part balayé d’un revers de la main les arguments avancés par M. Fadli. «Le comité en question chapeauté par l’ex-ministre Maouni n’a pas saisi les exigences du Maroc nouveau et de la nouvelle Constitution. Ce comité ne met pas en valeur une vision ou un projet, il évoque uniquement la question des postes de responsabilité au sein du MP. L’ère de la politique de rente est révolue. Ces personnes ne sont pas conscientes des enjeux actuels du pays et font valoir des visions obsolètes», souligne M. Ouzzine. Et d’ajouter que «lors du dernier congrès du parti, Maouni n’a pas réussi à se faire élire au sein du conseil national. Comment pourra-t-il prétendre être représentatif ? ». Selon M. Ouzzine, la tenue d’un congrès extraordinaire, d’après les statuts du MP, se fait à la demande des deux tiers des membres du conseil national. A rappeler que le comité de redressement du Mouvement populaire avait appelé, lors d’un point de presse, jeudi 12 août, à Rabat, à la tenue d’un congrès extraordinaire du parti dans les plus brefs délais en vue d’asseoir des structures solides.
Le Comité avait insisté, sur la nécessité de «tenir un congrès extraordinaire qui sera en rupture avec la méthode ayant présidé au déroulement du précédent congrès et transcender les aspects négatifs prè-et post Congrès». Le comité avait, par ailleurs, critiqué le statut adopté lors du dernier Congrès, notamment l’absence d’adjoints du secrétaire général, considérée par le comité comme étant «une décision unilatérale partisane loin de la gestion institutionnelle saine». Le MP connaît, selon le comité, des «déficiences flagrantes, particulièrement après le congrès de juin 2010», rappelant l’absence de toute instance régionale ou locale, permanente et légitime, ainsi que de l’encadrement et de rencontres régulières avec les partisans. Le comité propose, dans ce sens, une «réconciliation entre les Harakis et la programmation d’un plan d’action national, notamment dans les régions où le MP dispose d’une forte présence historique dans le but de renouer avec ses partisans et de former un comité de sages dans le but de garantir le succès à ce plan d’action».

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