Ayouche : «Nous sommes interdits de bénéfices »

Ayouche : «Nous sommes interdits de bénéfices »

ALM : Comment se présente le secteur du micro-crédit au Maroc ?
Nouredine Ayouche : Nous comptons environ une douzaine d’organismes régis par la loi du micro-crédit. Il y a deux ou trois associations très connues. Notre intervention concerne le monde rural et les quartiers populaires dans les zones urbaines. Les organismes de micro-crédit n’ont pas vocation à faire des bénéfices, ce sont des associations à but non lucratif.
Les taux pratiqués par ces associations ne sont-ils pas élevés ?
Généralement, les taux pratiqués tournent autour de 1,5 à 2% par mois, pour des petites périodes. Sur l’année, ce taux peut atteindre 15 à 20% et pour des montants moins importants il peut baisser jusqu’à 12%. Les taux varient donc en fonction des prêts accordés. Les organismes de micro-crédit sont interdits de bénéfices par la loi. Nous ne gagnons rien dans ces opérations, mais nous avons en charge des salaires, des frais de fonctionnement etc…
Vos crédits sont sans risques. A combien évaluez-vous le taux de remboursements ?
Les crédits sont remboursés à 99,7%. Nous suivons un certain nombre de procédures. Les prêts sont accordés en général à un groupe solidaire de cinq personnes physiques.
Chaque membre doit signer une caution réciproque. Ainsi, en cas de décès ou de non paiement de l’un, les autres membres s’acquittent de la totalité. En 2003, nous avons accordé 240 000 crédits.
Pour cette année, nous comptons dépasser le cap des 300 000. Nous comptons également recruter 100 personnes. Depuis octobre 1995, date de la mise en place de notre fondation, nous utilisons les mêmes techniques. S’il y a eu évolution, c’est dans la manière d’appréhender les choses.
Comment faites-vous pour rembourser les fonds qu’on vous alloue compte tenu que les organismes qui vous financent ne sont pas à but non lucratif ?
On nous accorde des crédits remboursables à des tarifs préférentiels. Au plan local, les banques marocaines font beaucoup aussi pour le micro-crédit. La BCM, la Société Générale, la Banque populaire, le Crédit du Maroc et la BMCE, chacun s’y investit.
De nouvelles dispositions légales permettent aux associations de micro-crédit d’investir sous certaines conditions, le secteur du logement. De quoi s’agit-il ?
Nous n’avons pas les moyens de nous lancer dans le logement. Notre intervention dans ce domaine est très limitée et ne concerne pas l’acquisition de logements. Il faut beaucoup de fonds pour se lancer dans l’habitat.
N’êtes-vous pas aussi en train d’une manière ou d’une autre de faire concurrence aux Sociétés de crédit ?
Nullement. Nos cibles sont totalement différentes. L’action des micro-crédits est tournée essentiellement vers les pauvres, ceux qui ne peuvent pas accéder au système bancaire en place. De plus, comme je l’ai dit, nous sommes strictement interdits de bénéfices. S’il nous arrive de dégager des excédents, les marges dégagées sont totalement reversées dans le circuit.
Notre clientèle est constituée de gens qui font les petits travaux. Nous sommes là pour les personnes qui veulent créer une source de revenu stable, même si elle est modeste. Pour vous donner un ordre de grandeur, le crédit-moyen dans notre fondation tourne autour de 1 650 dirhams. Nous ne pouvons donc pas concurrencer les sociétés de crédit.

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