Benatiq monte au Front de la transparence

Il s’appelle le "Front pour la transparence et la lutte contre la manipulation des pratiques électorales" et il vise à dénoncer le sort fait aux élections et à la politique en général au Maroc. Ce "front", dont l’annonce officielle devait être faite, hier mardi, à Rabat est une initiative du Parti travailliste fondé il y a quelques mois par l’ex-ministre USFP Abdelkarim Benatiq. Toutefois, ce dernier et son parti rejettent toute idée de monopole sur cette nouvelle structure. «Ce qui s’est passé avec le scrutin du 8 septembre dernier nécessitait une réaction citoyenne. Nous n’avons fait que lancer cette initiative, mais le front reste ouvert à tous les citoyens marocains désireux de défendre la crédibilité du pays et de ses institutions», déclare le leader du Parti travailliste. A l’en croire, plusieurs autres ONG et représentants de partis politiques ont exprimé leur volonté de rallier ce nouveau front dont la création intervient après la "mascarade" du 8 septembre et à un an d’élections législatives qualifiées de décisives pour le pays.
Dans un document distribué à l’occasion de la création du "Front pour la transparence et la lutte contre la manipulation des pratiques électorales", on a droit à un véritable réquisitoire contre les partis politiques qui ont trempé dans de graves pratiques lors du dernier scrutin partiel. «Si l’Administration, jusqu’à un passé récent, intervenait pour détourner la volonté des électeurs (…), aujourd’hui, et après le scandale du renouvellement du tiers de la Chambre des conseillers, on parlera, pour la première fois, de la responsabilité des partis du mouvement national et leurs leaders dans le sort réservé à une étape importante de la vie politique au Maroc», lit-on dans ce document annonçant le "front".
Les initiateurs de ce dernier décrient le fait que tous les partis qui ont participé à ce dernier scrutin partiel ont brandi comme seul slogan le "réalisme" que résumait une seule question : "comment arracher le siège?" alors que toutes les formations politiques, et de manière arithmétique, étaient conscientes de leur poids réel dans les régions (nombre de conseillers dans les communes, entre autres). Pour les initiateurs du "Front pour la transparence et la lutte contre la manipulation des pratiques électorales", ce "réalisme" a poussé les partis politiques non pas à cautionner des candidats honnêtes ou des militants chevronnés, mais plutôt les candidats capables de monnayer leur élection. «Comment, dès lors, être surpris quand on retrouvera des "militants" de ce qui était désigné par les partis de l’Administration élus avec l’étiquette des partis du mouvement national et même, en grand nombre, au sein des forteresses de la gauche démocratique ?», poursuit le document du "Front". Pour Abdelkarim Benatiq et ses compagnons du front, il est temps de poser les questions qui dérangent : le Maroc a-t-il le droit de régresser en matière de démocratie ? La crédibilité du Maroc auprès de ses partenaires n’est-elle pas en jeu ? Pourrait-on toujours parler du Maroc comme exemple à suivre, dans la région, pour les réformes politiques et démocratiques ?
Pour le "Front pour la transparence et la lutte contre la manipulation des pratiques électorales", c’est cet autre "capital" du Maroc qu’il faut veiller à préserver. Les initiateurs de cette nouvelle structure ont salué les actions entreprises actuellement par la justice contre les conseillers élus au nom de plusieurs partis, exclusivement de la majorité pour le moment. Ils affirment que les partis concernés auraient du prendre l’initiative de retirer leur confiance à ceux qui avaient usé de pratiques mafieuses pour avoir un siège au Parlement.
Le "Front pour la transparence et la lutte contre la manipulation des pratiques électorales" affirme qu’il aura recours à tous les moyens légaux pour faire face aux corrupteurs et à la corruption avant, lors et après les élections.

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