Benhima bouscule Casablanca

«Casablanca est un pôle de richesse de notre pays, c’est une ville qui a grandi énormément depuis l’indépendance et qui n’arrête pas de grandir ». C’est en ces propos que Driss Benhima avait décrit la capitale économique à la veille de la campagne de remise à niveau de Casablanca. Les réformes en cours, a déclaré le Wali, sont basées sur la délocalisation, la décentralisation et la déconcentration, termes fondamentaux de la lettre Royale adressée au Premier ministre. La cause majeure des problèmes du Grand Casablanca est la désorganisation. Une situation paradoxale lorsque l’on sait que la ville est composée de 10 préfectures, 27 communes urbaines avec 1200 élus sans compter les huit communes rurales ! La presse nationale et certains observateurs rejettent la responsabilité sur la Communauté urbaine de Casablanca (CUC).
Effectivement cette instance ne concrétise pas les aspirations affichées par les représentants des citoyens, mais il ne faut pas non plus oublier les moyens mis à sa disposition. Avec 67 millions de dirhams comme budget, la CUC n’a pas vraiment les moyens d’avoir un impact très fort en ce qui concerne la gestion de la ville dans la conjoncture actuelle. « Nous avons du mal à concentrer nos efforts sur l’équilibre budgétaire, sans oublier l’absence totale de contrôle et la rareté de techniciens compétents » explique Benhima dont le souci majeur est que Casablanca redevienne une puissance productive.
Dans ce sens, le problème des zones industrielles figure en haut du générique, car le danger des industries polluantes se pose avec acuité. Benhima fait remarquer que « le Maroc dans son entier est peu peuplé et peu industrialisé, au point de se satisfaire de normes telles que nous les avons au niveau national. Mais à Casablanca, la concentration démographique et économique en fait une zone polluée. ». Des réunions ont eu lieu entre le wali et tous les responsables de la ville (autorités administratives et représentants des communes) lors desquelles il a été convenu de restructurer les zones industrielles. Benhima est passé à l’action à commencer par la récupération de l’espace public.
Ainsi, tout le matériel gênant déposé illégalement devant les locaux ne possédant pas l’autorisation d’exploitation temporaire du domaine communal public, est systématiquement saisi et confisqué par les services compétents. Idem pour les marchands ambulants, y compris dans les quartiers populaires. Benhima a, également, souligné la volonté de la wilaya de récupérer et de réhabiliter les espaces culturels, sportifs et de loisir menacés par le développement urbain ou laissés à l’abandon.
Le sommaire des activités du wali englobe pratiquement tous les problèmes qui entravent le développement du Grand Casablanca. La sécurité, bien que la ville blanche ne soit pas aussi dangereuse par rapport aux autres villes de la même dimension partout dans le monde. Le transport en commun et la débandade que connaît ce secteur, entre la situation alarmante de la Régie autonome du transport à Casa (RATC) et le grand vide relatif aux cahiers de charge des sociétés privées. Les bidonvilles dont la population construirait de vraies habitations sur place avec l’aide des autorités. L’ancien marché de gros (Bélvédère) qui sera remplacé par un grand centre commercial, les nouveaux abattoirs, le traitement des déchets et des ordures ménagères, l’absence de sites culturels (théâtre, clubs, lieux de loisirs…). Autant d’activités en perspective couronnées notamment par le projet touristique (aménagement de la côte et installation de complexes touristiques) sur la corniche d’Ain Diab et dont le montant s’élèverait à 800 millions de dirhams.
Toutes ces démarches dont la majorité est déjà amorcée sont de nature à redonner à Casablanca son image de grande métropole. Un optimisme capable d’aboutir quand Benhima affirme que «Casablanca a tous les moyens pour devenir une capitale continentale ».

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