Benkirane planté par les syndicats

Benkirane planté par les syndicats

Le dialogue social n’aura pas lieu : il a été rompu avant même d’avoir commencé. Prenant acte de ce que les grandes centrales syndicales ont refusé d’y participer, alors même qu’il n’avait eu de cesse d’appeler à sa reprise pour la journée du samedi, le gouvernement s’est finalement résolu à jeter l’éponge. Dans un communiqué rendu public par les bureaux d’Abdelilah Benkirane, quelques heures seulement après le temps fixé à l’ouverture de la réunion, l’Exécutif qui s’est déclaré renoncer à son projet a   expliqué que sa décision est dictée par le fait que «des centrales syndicales invitées à participer à la réunion ont manifesté leur désaccord à son organisation». Le communiqué qui ne mentionne pas expressément dans sa version rendue publique les noms des syndicats qui ont manifesté leur opposition à la tenue de cette session de dialogue social, a néanmoins déclaré le souhait du gouvernement de continuer à travailler à une nouvelle reprise en affirmant nettement sa volonté de remplir tous ses engagements. Le texte dit, en outre, que le gouvernement qui affirme sa persévérance à se baser sur le dialogue avec tous les partenaires économiques et sociaux nourrit la ferme volonté de respecter ses engagements et, en particulier, de poursuivre l’exécution de l’accord du 26 avril 2011 en le dotant des moyens légaux et financiers nécessaires. Cette dernière déclaration semble faire écho aux critiques adressées au gouvernement par l’UMT dans une lettre adressée le même jour par son secrétaire général, Miloudi Moukharik, au chef de gouvernement. Dans cette missive, la centrale syndicale, grande absente à la réunion du samedi, pointe un certain nombre de vices de forme dans l’organisation de la reprise du dialogue social avant de poser clairement la question de fond. Pour l’Union marocaine du travail en effet, bien qu’elle soit tout acquise au dialogue social qu’elle considère comme «le moyen le plus efficace pour trouver solution aux problèmes du monde du travail», elle considère que le gouvernement a failli à la tradition qui préside à l’organisation et au timing des réunions d’avril. La centrale juge en effet que le gouvernement a fait montre de désinvolture vis-à-vis des questions sociales en prévoyant une réunion de seulement deux jours pour en débattre, de surcroît dans la limite d’un ordre du jour qu’il a fixé sans prendre l’avis des partenaires. Mais par-delà ces «critiques vis-à-vis de la forme», c’est le fond que la centrale conteste vigoureusement en mettant en doute l’intention véritable du gouvernement à travers sa politique vis-à-vis des travailleurs. Car, affirme l’UMT, en dépit du fait qu’elle ne cesse de demander l’ouverture de négociations poussées, les exactions contre les ouvriers ne cessent de prendre de l’ampleur. La centrale estime en effet que «les campagnes de répression contre les travailleurs et les jugements arbitraires contre les militants – en vertu de l’article 288 notamment- vont crescendo sans que cela n’engendre de réaction de la part du gouvernement». La lettre de l’UMT conclut sur cette note qui résonne comme une mise en demeure: l’entorse faite à la méthode participative par la fixation unilatérale de l’ordre du jour de la réunion et la répression contre les militants ouvriers prouvent que le gouvernement n’est pas sérieux dans sa recherche de dialogue. En conséquence, l’UMT qui pourtant privilégie le dialogue refuse de participer à la réunion. «Cependant, elle se déclare prête à prendre part à des sessions de dialogue où règles et principes sont respectés».

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