Benyahia : «Le 7ème congrès est un tournant»

Benyahia : «Le 7ème congrès est un tournant»

ALM : Où en sont les préparatifs concernant l’organisation du 7ème congrès de l’USFP ?
Mohamed Benyahia : Nous sommes bien partis. La commission préparatoire a déjà élu ses responsables et ses représentants. Les sous-commissions ont, elles aussi, commencé à préparer les documents de base qui seront bien évidemment soumis aux congressistes.
Quels sont les principaux enjeux de ce congrès?
Le congrès sera appelé à se prononcer sur plusieurs sujets. Il devra, à titre d’exemple, examiner les différentes étapes franchies par l’USFP depuis le dernier congrès. Bien sûr, le congrès décidera de rectifier certains tirs afin de permettre à l’appareil du parti d’être encore plus efficace qu’aujourd’hui. D’un point de vue purement idéologique, le 7ème congrès s’attardera également sur la question de l’identité du parti.
Justement, pensez-vous que le socialisme est toujours d’actualité?
Non seulement il est toujours d’actualité, mais il a sa place, aujourd’hui, beaucoup plus qu’avant. Car les grands problèmes dont souffre le Maroc sont éminemment sociaux. Je pense notamment à la pauvreté, au chômage et à la santé. Le mot « socialisme » a donc, de nos jours, beaucoup de sens que par le passé. La question à laquelle le congrès devra répondre c’est comment faire que nos choix socialistes apparaissent dans le comportement et le discours du parti et de ses responsables.
La participation au gouvernement est une des questions que les militants vont se poser. Comment s’annoncent les débats ?
Ce qui est certain, c’est que tous les sons de cloche seront entendus lors du 7ème congrès. Il est vrai que certains militants sont très virulents à l’égard de la participation de l’USFP au gouvernement. D’autres la soutiennent. Et une troisième catégorie adopte une position de juste milieu, en exigeant que le parti rectifie les tirs. Je peux vous assurer, qu’aujourd’hui, que toutes ces tendances existent à l’intérieur de la commission administrative comme au sein du comité central. C’est ce qui fait, d’ailleurs, la richesse de l’USFP.
Qu’en est-il de ceux qui prônent le retour à l’opposition?
A l’intérieur du parti, effectivement, certains pensent qu’il serait plus judicieux pour l’USFP de passer à l’opposition. Mais en tout cas, le congrès est souverain, c’est lui, c’est-à-dire la majorité, qui tranchera de la manière la plus démocratique. Je tiens à insister que lors de ce congrès toutes les voix seront audibles.
La révision de la Constitution est-elle à l’ordre du jour du 7ème congrès ?
Tout le monde est unanime à l’USFP sur deux choses. Tout d’abord, que la Constitution n’est jamais éternelle. Toutes les lois fondamentales, surtout celle du Maroc, sont appelées à changer. Ensuite, tous les militants reconnaissent que l’actuelle Constitution est le fruit d’un compromis, accepté par la Koutla. C’était un choix politique. Ceci-dit, tout le monde n’est pas d’accord sur la révision de la Constitution, tout de suite. Certains militants estiment qu’on ferait mieux d’appliquer convenablement l’actuelle Constitution avant de la réviser.
Le congrès va-t-il se prononcer sur les rapports <exacts que l'USFP devrait entretenir avec l'Istiqlal, d'une part, et le PJD, de l'autre?
Ces deux partis sont différents. Avec l’Istiqlal, l’USFP est membre de la Koutla démocratique. Le congrès devrait donc se prononcer sur les moyens de renforcer cette structure politique ou même de la revoir. En revanche, le PJD est à l’opposition, dans un autre cadre que l’USFP.
Mais certains militants socialistes, et pas des moindres, espèrent que l’USFP fasse bloc avec le PJD…
Vous avez raison. Cette tendance existe bel et bien au sein de l’USFP. Mais il y a également une autre qui rejette tout rapprochement avec le PJD. Vous savez, plusieurs militants ont sévèrement critiqué des responsables de l’USFP qui ont assisté au dernier congrès du PJD.
Pensez-vous que le 7ème congrès sera un tournant dans l’histoire de l’USFP?
Je l’espère et j’y crois fermement. Le parti est obligé de définir sa trajectoire vers l’avenir, de s’adapter aux réalités marocaines et d’être à l’écoute des citoyens. Par exemple, sur la question de la jeunesse, le congrès sera l’occasion de rajeunir l’appareil du parti.

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