Beyrouth : Une chance pour la paix

Au cours d’une rencontre informelle qui a précédé leur réunion, les chefs de la diplomatie arabes ont pu avoir un échange téléphonique avec le chef de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat confiné à Ramallah depuis le 3 décembre.
La participation de M. Arafat faisait toujours l’objet de spéculations lundi, des responsables arabes la donnant pour acquise alors que des membres de la délégation palestinienne se montraient plus réservés.
Nabil Chaath, le ministre palestinien de la Coopération internationale, a réaffirmé que les chances du président palestinien d’assister au sommet sont « minimes pour le moment».
Ziad Abou Ziad, le ministre palestinien chargé du dossier d’Al-Qods, a déclaré lundi à la radio égyptienne que Arafat n’irait pas au sommet sans « garanties internationales», en particulier américaines, sur la possibilité de revenir ensuite dans les territoires palestiniens. Farouk Kaddoumi, le chef du département politique de l’OLP, avait affirmé, à son arrivée dimanche soir à Beyrouth, que le président Arafat assisterait au sommet arabe. Par ailleurs, les Etats-Unis exercent des pressions sur Israël pour assurer la sortie du président Arafat et son retour sans conditions , dans les territoires palestiniens, indique-t-on de sources palestinienne et arabe. Quoi qu’il en soit, si Yasser Arafat devait finalement venir à Beyrouth tout est prêt pour l’accueillir dans une ville qu’il a quittée il y a 20 ans sous la menace des canons israéliens. Une aile de l’hôtel Phoenicia, en partie reconstruit depuis la guerre du Liban, lui est réservée.
Son chef du protocole et ses gardes du corps sont déjà arrivés et les limousines qui lui sont destinées sont garées dans un lieu sûr sous la surveillance de l’armée libanaise. Amr Moussa, le secrétaire général de la Ligue Arabe a souligné, lors de l’ouverture de la réunion formelle, l’importance du sommet « qui se réunit dans des circonstances critiques en raison de la situation régionale et internationale ».
La réunion s’est poursuivie ensuite à huis clos. Concernant l’initiative saoudienne, celle-ci continuait de buter sur la clause concernant le « droit au retour» des réfugiés palestiniens, en raison notamment d’une exigence du Liban qui veut que la référence à cette question soit « explicite et sans équivoque ».
Un compromis semblait sur la voie d’être trouvé et il semble que l’on s’achemine sur l’adoption de l’initiative saoudienne par le sommet pour devenir une « initiative arabe». L’initiative de paix envisagée par le prince héritier saoudien Abdallah Ben Abdelaziz prévoit un retrait de tous les territoires arabes occupés, dont Al-Qods-est, en échange d’une normalisation avec l’Etat juif.
Le prince Abdallah avait dévoilé cette initiative dans des propos publiés par le quotidien américain New York Times le 17 février et largement reproduits le lendemain par l’agence officielle SPA. Le prince héritier, dirigeant de facto du royaume depuis 1995, avait déclaré qu’il comptait proposer au sommet de Beyrouth « un retrait total (d’Israël) de tous les territoires occupés, en accord avec les résolutions de l’ONU, y compris à Al-Qods, contre une pleine normalisation de nos relations ».
D’autre part, les ministres arabes des Affaires étrangères devaient examiner les autres points à l’ordre du jour, qui feront l’objet d’une cinquantaine de résolutions. Parmi ces points, la question palestinienne et le soutien à l’Intifada, notamment les fonds arabes créés à ce sujet, ainsi que la sauvegarde du caractère arabe d’Al-Qods.
Le contentieux entre l’Irak et le Koweït sera également examiné. En prévision du sommet de Beyrouth, des émissaires irakiens se sont rendus dans plusieurs pays arabes pour recueillir leur soutien contre une éventuelle frappe américaine contre l’Irak, accusé par Washington de développer des armes de destruction massive. Le Koweït a proposé d’inscrire à l’ordre du jour du sommet une proposition sur son contentieux avec l’Irak. Ce dernier a réagi en présentant une contre-proposition, dans laquelle Baghdad exprime « le respect de l’Irak pour la sécurité du Koweït et son indépendance ». Les propositions ont donc été incluses à l’ordre du jour.

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