Bidonvilles : Taib Cherkaoui décrète la fin de l’indulgence

Bidonvilles : Taib Cherkaoui décrète la fin de l’indulgence

Le ministère de l’Intérieur est déterminé à lutter contre l’habitat insalubre. Mercredi 16 juin, Taib Cherkaoui, ministre de l’Intérieur, a déclaré à la Chambre des représentants que son département prendra des mesures disciplinaires à l’encontre des agents et auxiliaires d’autorité impliqués dans la prolifération de l’habitat insalubre. «Ces mesures seront prises dans le cadre des efforts déployés pour lutter contre le phénomène de l’habitat insalubre et de la mise en œuvre des décisions des commissions d’inspection relevant de l’Inspection générale de l’administration territoriale», a-t-il souligné. Le département de Taib Cherkaoui veillera à l’application effective de ces mesures contre toute personne violant les lois en vigueur en l’occurrence les lotisseurs illégaux et veillera à lutter contre les activités illicites telle que la vente de matériaux de construction dans les périphéries des villes. Pour cela, le ministère de l’Intérieur compte renforcer la coordination entre tous les intervenants dans le domaine du contrôle de l’urbanisme et de construction (autorités administratives locales, délégations générales, conseils communaux et agences urbaines). A noter que cette coordination portera sur le contrôle, la répression des infractions et l’échange d’informations relatives aux décisions prises dans le cadre de la lutte contre l’habitat clandestin. M. Cherkaoui a également indiqué qu’il sera procédé à la mise en œuvre des décisions des commissions d’inspection, à travers l’engagement des poursuites judiciaires contre les personnes impliquées dans l’encouragement de ce phénomène. Lancé en juillet 2004 par SM le Roi Mohammed VI, le programme «Villes sans bidonvilles» (VSB) qui concerne 83 villes et 280.000 ménages résidant dans près de 1.000 bidonvilles connaît de nombreuses défaillances. L’un des principaux problèmes qui freinent la mise en œuvre de ce programme concerne l’accompagnement social des populations lors des transferts. Un constat qui avait été d’ailleurs exposé par la Banque mondiale dans son rapport d’analyse de l’impact social et sur la pauvreté du programme VSB en 2007. «L’urgence de l’achèvement du programme semble exacerber le niveau insuffisant de coordination institutionnelle ainsi que l’attention des acteurs, qui est axée sur les aspects techniques plutôt que sur l’accompagnement social et la participation, dont le besoin se fait tellement ressentir», avaient souligné les rédacteurs de ce rapport. A ce sujet, M.Hejira avait déclaré le 1er avril 2010 lors d’un atelier de clôture du «Programme d’appui sectoriel à la résorption de l’habitat insalubre au Maroc» qu’il faudrait en quelque sorte un maître d’ouvrage social susceptible d’accompagner les populations bidonvilloises déplacées vers leur nouvel habitat et faciliter la réussite de ce passage. Jusqu’à avril 2009, près de 136.000 baraques ont été démolies. Cinq ans après le début de la mise en œuvre de VSB, seulement 37 villes sur 83 ont été déclarées sans bidonvilles alors que l ’année 2012 est la date limite que s’est donnée le programme VSB.
Les villes de Casablanca, Salé, Marrakech et Kénitra n’arrivent pas à réduire le nombre de leurs bidonvilles. Et pour preuve, en 2007, les ménages logeant dans des baraques à Casablanca étaient au nombre de 98.000 contre 55.000 en 2010. A ce rythme, la capitale économique ne respectera pas le deadline. Après Casablanca, c’est la région de Skhirat-Témara qui abrite la deuxième plus grande colonie de bidonvilles au Maroc avec un peu plus de 30.000 baraques. Celles-ci sont suivies par Marrakech (19.066 ménages dans des bidonvilles), Rabat-Salé (14.700 ménages), et Kénitra (13. 442 ménages).

L’affaire Lahraouiyine
L’affaire Lahraouiyine avait en 2009 fait couler beaucoup d’encre. C’est dans ce quartier que sévissait un réseau très organisé de construction illégale : logements de toute nature, hangars commerciaux… autant de constructions sorties de terre sans autorisation à la périphérie de Casablanca. Dans cette affaire de constructions non autorisées, plusieurs personnes avaient été arrêtées et déférées devant le Parquet général de Casablanca. Parmi elles, le président de la commune rurale de Lahraouiyine, des caïds, mokaddems, gendarmes, militaires, agents préfectoraux et conseillers communaux. 77 personnes avaient été présentées devant le juge d’instruction près la Cour d’appel de Casablanca et 58 autres traduites devant le tribunal de première instance. Sur les 77 mis en cause, le juge d’instruction avait ordonné de placer 57 personnes sous mandat de dépôt, 2 sous contrôle judiciaire et décidé de relaxer les autres personnes. Les mis en cause étaient poursuivis, chacun en ce qui le concerne, pour trafic d’influence, corruption, escroquerie et participation à l’escroquerie et réalisation de lotissements et constructions non autorisées. Le président de la commune avait ainsi été déféré devant le juge d’instruction de la Cour d’appel de Casablanca. La présentation devant la justice du président de la commune et des conseillers communaux avait montré à bien des égards la détermination de l’Etat à aller de l’avant dans les efforts d’éradication des constructions illégales.

 

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