Bouazza Kherrati : «Nous ne voulons pas que le Maroc soit un dépotoir pour des exportateurs frauduleux»

Bouazza Kherrati : «Nous ne voulons pas que le Maroc soit un dépotoir pour des exportateurs frauduleux»

ALM : Une cargaison allemande de 12 tonnes de noix de muscade rejetée par le marché européen a été proposée à un importateur marocain pour la commercialiser dans le territoire national. Que dites-vous à ce sujet ?
Bouazza Kherrati : Il faut dire que c’est aberrant. Si ces faits sont confirmés, l’exportateur est un criminel. Une personne qui commercialise une marchandise infectée doit incessamment figurer sur la liste noire des exportateurs. Par ailleurs, si l’importateur marocain a déjà accepté de commercialiser cette cargaison, il doit être sujet à une sanction pénale.
La loi marocaine est intransigeante, dans ce sens, surtout lorsqu’il s’agit d’intoxication et de sécurité alimentaires et sanitaires. Une peine de mort peut être imposée dans ce cas.

Ce genre de cas, est-il récurrent au Maroc ?
Nous avons vécu un cas similaire au Maroc. Une cargaison de blé d’origine indienne est arrivée sur le territoire national. Après examen aux postes frontaliers, cette cargaison a été immédiatement bloquée. L’importateur était devant deux choix, soit refouler sa marchandise ou bien la détruire. Toutefois en matière d’importation et d’exportation, la surveillance des frontières reste une charge difficile. L’Office national de la sécurité sanitaire et alimentaire ( ONSSA) a mis en place des directions de contrôle de qualité aux postes frontaliers. Il existe dans ce sens cinq unités, en l’occurrence celles d’Agadir, de Casablanca, de Nador et de Laâyoune.

Comment opérent ces unités ?
Normalement, toute denrée entrante est passible d’un contrôle documentaire en l’occurrence l’examen de tous les papiers qui accompagnent la cargaison ainsi qu’un contrôle physique qui peut même s’étendre au niveau des laboratoires.

Les exportateurs considèrent-ils le Maroc comme un dépotoir pour se débarrasser de leurs marchandises rejetées ?
Nous ne voulons pas que le Maroc soit un dépotoir pour ces exportateurs frauduleux. En tant que société civile nous sollicitons les départements ministériels concernés à renforcer le contrôle. Actuellement, les barrières douanières sont progressivement démolies. Dans ce cas, il ne nous reste que les barrières sanitaires pour restreindre ces fraudes. Toute guerre a une armée. Notre arsenal, dans ce sens, sont les services concernés qui devraient être transparents avec les consommateurs et leur fournir toutes les informations nécessaires.

Que dit la réglementation marocaine au sujet des aflatoxines ?
L’ONSSA est la seule habilité à répondre à cette question. Tenant compte de mes fonctions, je peux vous confier que l’aflatoxine est une sécrétion de champignons qui se multiplient rapidement. sa toxicité dépend de la molécule en cause, de la fréquence d’exposition et de la quantité absorbée. L’aflatoxine peut entraîner des intoxications aiguës avec apparition de diarrhées et des convulsions, alors que d’autres présentent une toxicité chronique avec des effets cumulatifs dans le temps, pouvant détruire le foie, induire des cancers ou engendrer des déficiences immunitaires.

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