Bush fait basculer le monde dans la guerre

Dans la nuit de mercredi à jeudi, les navires de guerre américains ont tiré plus de 40 missiles de croisière Tomahawk sur Bagdad. «Plus de dix» missiles ont été tirés « sur au moins deux cibles» dans la sud de Bagdad avant l’aube par le USS Cowpens croisant dans le nord du Golfe, a précisé le porte-parole de la marine, le capitaine Mike Brown. Ces frappes lancées par les chasseurs américains F-117 et les Tomahawk avaient pour but de frapper des cibles «choisies pour leur importance militaire», notamment un site où était censée se tenir une réunion de hauts responsables irakiens, dont le président Saddam Hussein.
Lancés vers 2h30, ces premiers raids auraient au contraire touché «des bâtiments inoccupés des médias et des douanes» et même «des faubourgs» de la capitale, selon le ministre de l’Information. Mohammed Saïd al Sahaf a également fait état d’un mort et de plusieurs blessés dans un quartier sud, al-Doura. Intervenant peu auparavant sur la télévision nationale, Saddam Hussein a quant à lui promis jeudi matin la victoire à son peuple. «Nous allons résister aux envahisseurs», a-t-il déclaré, qualifiant ces premiers bombardements de «lâche agression».
L’armée irakienne a répondu à ces frappes en tirant plusieurs missiles SCUD contre le Koweït. C’est en tout cas ce qu’ont déclaré des responsables de l’émirat, indiquant qu’un de ces SCUD s’était écrasé dans le nord, à Mutlaa, vers 9h40 GMT. Selon eux, il faisait suite à deux autres tirs de missiles qui ont frappé la région désertique du pays. Des officiers américains ont de leur côté rapporté que deux SCUD avaient touché le Koweït et que deux autres l’avaient visé. M. Saïd al Sahaf a démenti ces informations, affirmant que l’Irak ne possédait plus ce genre de missiles. Des explosions ont en tout cas été entendu et les sirènes d’alerte ont retenti à plusieurs reprises dans la capitale de l’émirat. Jeudi matin, les troupes américaines ont par ailleurs annoncé avoir répliqué à des tirs de l’artillerie irakienne le long de la frontière avec le Koweït. D’autres échanges de tirs de barrage ont été entendus dans le nord de l’émirat à 11h45 GMT.  Ces premières heures de conflit sont malgré tout restées limitées. De l’aveu même du Pentagone, il ne s’agissait pas là du jour «A», autrement dit du lancement de la vraie campagne militaire, mais d’une simple préparation du terrain. Le ministre britannique de la Défense, dont le pays a été prévenu «tardivement» des premières opérations, a d’ailleurs indiqué jeudi que ses troupes n’avaient pas participé à ces opérations «préparatoires». Selon Geoff Hoon, il ne faudra pas attendre «très longtemps» pour voir le début d’une offensive de grande ampleur à laquelle, a-t-il dit, les soldats britanniques sont «prêts». Mercredi soir, le secrétaire au Foreign Office, Jack Straw, avait de son côté demandé à son homologue turc, Abdullah Gul, la possibilité d’emprunter l’espace aérien turc. Le Parlement d’Ankara devait décider jeudi après-midi d’ouvrir ou non ses couloirs aériens à l’aviation américaine. Le déploiement des GI’s sur le sol turc n’étant plus à l’ordre du jour, le Pentagone a dû opter pour le plan «B», une attaque par le sud. Les servants des batteries de missiles anti-missiles étaient pour leur part en état d’alerte maximum en Israël qui a dit s’attendre à des tirs de SCUD irakiens durant les premiers jours de la guerre.

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