Cabinets d’études : Le poids d’un lobby

Le Maroc compte une pléthore de bureaux d’études. Tous les domaines sont concernés. Cela va de l’économie à l’industrie en passant par les ressources humaines, l’agriculture et l’urbanisme. Comme leur nom l’indique, les bureaux d’études se chargent de réaliser des expertises pointues pour leurs clients.
Très discrets, les bureaux d’études ont réussi à se constituer en véritable lobby qui défend excellemment bien ses intérêts. Ces ingénieurs sont présents dans tous les projets d’infrastructure, au même titre que les architectes ou les topographes.
Au Maroc, chacun de ces corps a ses entrées dans un ministère donné. Les architectes ont fait du ministère de l’Habitat leur chasse gardée. Ce n’est donc pas par hasard que ce ministère a mis dans le circuit législatif un texte qui renforce davantage la responsabilité des architectes dans les projets d’habitat. Pour ce qui est des cabinets d’études, c’est le ministère de l’Equipement qui les protège. La dictature des ingénieurs est ainsi installée. Et comme cela ne suffisait pas, le ministère de l’Equipement a instauré un système d’agrément aux cabinets d’études dans des domaines bien précis. Ainsi, seuls les cabinets certifiés (de manière définitive ou provisoire) ont le droit de soumissionner aux nombreux appels d’offres que le ministère lance. Ce même système, jugé, d’ailleurs, comme discriminatoire par certains professionnels, est appliqué par certains offices comme l’ONEP et l’ONE.
En principe, les pouvoirs publics ne devraient pas s’immiscer dans la concurrence entre le secteur privé. Pour comprendre cela, il faut savoir que les patrons des cabinets d’études sont généralement des ingénieurs de la même grande école française ou de la même promotion que tels ou tels directeur général ou ministre. Aussi, l’Etat a la possibilité de faire appel au LPEE, qui n’est autre qu’un cabinet d’études public, farouchement combattu par les cabinets privés. A noter aussi que dans le cadre des appels d’offres lancés par le ministère de l’Equipement, les cabinets d’études font appel à plusieurs sous-traitants. C’est le cas des topographes pour les infrastructures routières. Et ces topographes assurent que le travail topographique présenté par les cabinets d’études est souvent de mauvaise qualité. Résultat: des chantiers se trouvent en arrêt total.

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