Cadrage : Au-delà du pétrole…

Depuis le début, La Samir est allée à reculons vers l’ouverture à la concurrence du marché pétrolier. Une libéralisation progressive prévue pourtant dans le cahier des charges de la cession de l’entreprise au groupe Corral.
En montant au créneau quelques semaines avant la date-butoir (1er juillet 2002), les sociétés de distribution n’ont en vérité fait qu’interpeller le gouvernement pour respecter ses engagements dans le cadre d’une campagne au demeurant propre et transparente. Quant à la Samir, par la voix de son directeur général Abderrahmane Saâïdi, elle n’a fait que réclamer la prorogation de la période de grâce et partant des avantages financiers qui lui furent accordés depuis 1997 jusqu’à aujourd’hui. Difficile, il est vrai, d’abandonner un système protégé…
Cela dit, le raffineur suédo-saoudien est loin d’être condamné. Il a encore jusqu’à 2006-date à laquelle les sociétés de distribution vont commencer à importer réellement les produits pétroliers-pour adapter son appareil industriel aux normes de qualité requises. Le problème de la teneur en souffre est toujours posé pour la Samir. Elle a beau dire que ses produits ne sont pas polluants, il va bien falloir prendre le problème à bras le corps…
Cette libéralisation qui s’annonce d’un secteur hautement stratégique aura des retombées bénéfiques sur le consommateur. À n’en point douter, celui-ci va gagner aussi bien en termes de prix, de qualité et de choix. Les distributeurs ou les clients qui voudront continuer à utiliser le carburant raffiné Samir peuvent le faire. Personne n’empêchera ni les uns ni les autres à recourir à la pompe à essence de leur préférence.
C’est ça, le fond de la question, le véritable enjeu de la concurrence. Pourquoi continuer à passer sous les fourches caudines d’un seul fournisseur et consacrer un monopole qui n’a plus lieu d’être dès lors que l’État s’est désengagé de La Samir ? Dans quelques années donc, distributeur et raffineur pourront se battre à armes égales et au prix réel…
En se montrant intraitable sur le calendrier pétrolier, les pouvoirs publics ont adressé un signal fort pas seulement aux dirigeants de la Samir mais pour l’ensemble des opérateurs économiques. Ceux-ci sont appelés à mettre à niveau leurs entreprises, à investir dans la qualité, à offrir des prix intéressants. Bref à être compétitifs par rapport à la concurrence étrangère. L’ère du protectionnisme est bel et bien révolue.
Désormais, face à une mondialisation inéluctable, seuls ceux qui s’y sont sérieusement préparés en se donnant les moyens nécessaires, ont des chances de maintenir leurs parts de marché et même de poursuivre leur développement.

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