Cadrage : Boycott

Quelle attitude prendre à l’égard de l’Espagne suite à l’affaire de l’îlot Persil ? Faut-il que les Marocains continuent de passer leurs vacances dans ce pays proche comme si de rien n’était, comme si les relations maroco-espagnoles étaient excellentes ?
Force est de constater que celles-ci traversent depuis quelque temps une crise aiguë, entretenue en partie par le mépris et l’insolence de Madrid à l’égard de Rabat. Sans parler des liens de coopération, de partenariat et d’amitié, le bon voisinage, sincère et bien assumé, commande d’abord une attitude de respect mutuel. Le manque de respect d’un voisin appelle à tout le moins une réaction de boycott. On ne lui adresse plus la parole. On ne va pas chez lui non plus.
Tout chauvinisme dehors, cette situation doit interpeller les habitués parmi les Marocains du tourisme espagnol. Et ils sont nombreux, plusieurs milliers, qui depuis plusieurs années prennent chaque été le chemin de la Costa Del Sol. Certains y louent des résidences ou des chambres d’hôtels, certains possèdent sur place leur propre pied-à-terre.
Il est vrai qu’il fait bon vivre pendant la saison estivale à Estepona, Puerto Banus, ou à Benalmadina. Las tapas, ces entrées de poisson de chez nous, sont succulents. La bière, elle, est si fraîche que la canette est emperlée. Les restaurants sont impeccables et le service irréprochable…
Il est vrai qu’il est difficile pour ceux qui sont devenus accros de ces belles petites choses ibériques en bord de mer de les abandonner tout d’un coup. Il est vrai aussi que le soleil n’a pas de nationalité surtout avec ces temps excessivement mondialisés. Mais peut-on profiter agréablement de ses vacances balnéaires en terre inamicale ? Peut-on être bien dans sa peau aoûtienne alors que les gens du pays d’accueil vous regardent de travers ? L‘Espagne, destination très prisée par les touristes de différentes nationalités, ne va pas faire une mauvaise saison à cause de l’absence des touristes venus du Royaume. Il s’agirait là d’un geste symbolique fort en direction de Madrid pour leur montrer l’exaspération de la population marocaine par rapport à l’hostilité permanente du gouvernement Aznar envers leur pays.
Pas plus tard que ce lundi 15 juillet, un Marocain débarque à l’aéroport de Las Palmas. Mal lui en a pris. Il a dû poireauter près d’une heure avant de rejoindre son hôtel. Motif : le policier a fouillé le passeport du passager à la recherche des cachets d’entrée en Espagne. “Vous venez rarement en Espagne », lui a-t-il dit sèchement. Une manière de signifier à quelqu’un qu’il est indésirable faute de pouvoir le refouler. Bonjour les tracasseries. Pour une fois, les adeptes des plages espagnoles ont l’occasion de regarder vers leurs propres cotes qui sont aussi belles sinon plus.
Et de participer à l’effort du tourisme national qui croule moins sous les devises et les flux que sous les critiques acerbes des bien-pensants. En un mot, il est temps que le souci de l’essor du tourisme marocain soit porté d’abord par les nationaux quelle que soit leur bourse.

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