Cadrage : Cachez-moi ces élections…

Lors du dernier congrès du PADS, Ennahj Addimocrati était le premier parti à être appelé à prendre la parole. Un geste qui a irrité les dirigeants de l’OADP . Bien entendu, derrière ce geste, il y a toute une symbolique politique tissée en filigrane. Outre l’alliance traditionnelle entre ces deux formations, c’est la position à l’égard des élections qui constitue l’un des éléments les plus déterminants dans le rapprochement entre Annahj et le PADS.
Sur cette question, le tableau de bord indique qu’ils sont quatre mouvements à vouloir rester à l’écart de la zone de turbulences électorales et à vivre en retrait par rapport aux institutions élues du pays. Le plus vieux d’entre eux, l’Union nationale des forces populaires(UNFP), conduit par l’ancien Premier ministre Abdellah Ibrahim, devrait être âgé de quarante trois ans, en septembre prochain, date des prochaines élections; sans compter les années qu’il a passées sous le manteau du Parti de l’Istiqlal. Depuis sa scission entre le groupe dit de Rabat, en juillet 1972, et celui de Casablanca, l’UNFP s’est retirée, de fait, de la vie politique active.
Rares sont les moments durant lesquels il s’est manifesté. Entre temps, plusieurs de ses dirigeants ont rejoint ou créé d’autres formations politiques, comme c’est le cas pour les défunts Maâti Bouabid et Abdellatif Semlali, qui furent derrière la création de l’Union constitutionnelle (UC). Partant d’une approche réticente à l’action électorale, l’UNFP a campé sur une position passive et manifestement hostile à toute participation politique.
De son côté, le Parti de l’avant-garde démocratique socialiste (PADS), est né d’une scission avec l’USFP. Les divergences avec cette dernière formation partisane portaient essentiellement sur la participation aux élections.
Abderrahman Benameur, qui était membre du Comité central de l’USFP, depuis 1975, et reconduit à la même instance à l’issue du III ème congrès national de l’USFP, en 1978, s’est présenté aux élections législatives de 1977. Sa réaction hostile à toute participation politique, s’explique en grande partie par ce péché originel. Parallèlement à ses deux options, s’ajoutent celles des courants radicaux de l’Association Al adl Wal Ihssan, du Cheikh Abdessalam Yassin et « Annahj Addimocrati »( La Voie démocratique), conduite par Abdellah Herrif. Pour l’Association du Cheikh Yassine, toute option de participation politique est renvoyée aux calendes grecques. L’association est tenue d’appliquer à la lettre les thèses du Cheikh, en ce qui concerne le positionnement vis-à-vis du champ politique.
En dépit des avancées observées dans le domaine des droits humains, Al adl Wal Ihssan continue à rejeter la démocratie. Celle-ci, disait Abdessalam Yassine, est « caduque, accepte de cohabiter avec le mensonge » et est fondée « sur une assise laïque ». De surcroît, elle s’oppose à la « Choura », cette manière de gouverner basée sur la concertation avec une élite qualifiée (Ahl Choura Wa Al Aqd). En revanche, pour Ennahj Addimocrati, en tant que continuité historique du Mouvement marxiste léniniste marocain, « Ilal Amam », la question qui l’empêche, à présent, de se positionner positivement à l’égard de la participation aux élections, consiste dans l’absence de garanties et la non-reconnaissance explicite, par les pouvoirs publics de son existence.Pour chacune de ces sensibilités le poids des référents doctrinaux historiques pèse énormément. Mais en termes de traduction politique sur le terrain, le flou est de mise.

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