Cadrage : Casse-tête

L’actualité politique nationale est entrée cette semaine dans une phase de flou et d’incertitudes qui reflète le manque de visibilité, pour l’ensemble des acteurs, issu des élections législatives du 27 septembre. Avec la nomination par S.M. le Roi de Driss Jettou comme Premier ministre, la donne s’en trouve un peu plus complexe et suscite davantage de perplexité et d’interrogations concernant le visage et la nature de l’exécutif qui sera appelé, demain, à prendre en charge les chantiers économiques et sociaux dont le Souverain a solennellement souligné la gravité et l’urgence dans le discours d’ouverture de la nouvelle législature.
Mais le dilemme dans lequel sont plongés la plupart des partis politiques, à l’heure actuelle, notamment l’USFP, l’Istiqlal, le RNI et le PJD, est celui de savoir s’ils feront partie de la nouvelle équipe gouvernementale, comme les y invite le chef de gouvernement nommé : selon quelles modalités et sur la base de quelle plate-forme de gouvernement ? Nous sommes actuellement devant un cas de figure inédit et qui se situe en dehors de la logique de la tenue des législatives qui devaient, selon le voeu de toutes les parties concernées, renforcer la pratique démocratique et donner au législatif les atouts qui lui permettent de jouer pleinement son rôle en tant qu’instance de débat et de contrôle de l’exécutif.
Tout est en train de se passer comme si de la seule volonté et du doigté de Driss Jettou dépendrait la configuration du nouveau gouvernement. Les consultations tous azimuts qui se déroulent actuellement laissent penser que toutes les combinaisons, y compris les plus saugrenues et les plus inattendues, sont possibles. Ce qui engendre un certain nombre de questionnements quant à l’homogénéité et aux gages d’efficacité du nouvel exécutif.
Au sein même des partis, l’incertitude et la tension sont à leur paroxysme. Entre les calculs des uns et des autres, les ambitions plus ou moins explicites, les réserves d’ordre idéologique ou encore les ressentiments et frustrations de ceux qui se sentent lésés dans cette nouvelle donne, l’ambiance n’est certainement pas à la sérénité et à l’optimisme sur l’avenir même du politique chez nous et sur la crédibilité du processus démocratique dont les dernières embellies ont suscité beaucoup d’espoir.
Quoi qu’il en soit, c’est à une profonde introspection que l’ensemble de la classe politique est aujourd’hui vivement invitée pour dégager les responsabilités, analyser les tenants et aboutissants de la situation présente, anticiper sur ses conséquences futures, mais surtout opérer le diagnostic le plus objectif de ce qui est, de toute évidence, une anomalie ou une déviation dans la vie de nos institutions.
Et si cette période, nécessairement transitoire, se révélait indispensable pour laisser aux partis politiques l’occasion d’opérer les ajustements et les réglages qu’il faut, en termes de discours, d’organisation et de démocratie interne, ce serait au moins un facteur positif, dans une conjoncture qui exige de tous la plus grande vigilance et un sens aigu dans la définition des priorités.

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