Cadrage : Chaland

Les débats ont parfois l’air d’être très techniques et sophistiqués, mais en fait il s’agit de l’argent, celui des uns et des autres, et qui est, en fin de compte une marchandise comme une autre : elle se prête à toutes les transactions et à toutes formes de spéculation, elle génère des profils et elle devrait normalement être soumise aux mêmes règles de concurrence et de compétitivité que toutes les autres marchandises.
Les banques sont le circuit normal et moderne de ce marché. Elles en régulent la collecte et la circulation, en assurent la fructification et offrent leurs services, contre rémunération bien entendu, aux clients, personnes physiques ou morales.
A l’exception des usuriers qui veulent maintenir la rentabilité d’un commerce parallèle et informel, ou de certains interprètes restrictifs des préceptes religieux musulmans en la matière, personne ne trouve à redire à ce rôle des banques et y voient à juste titre un instrument régulateur et salutaire moderne qui contribue aussi à assurer à la trésorerie de l’Etat des revenus conséquents et à la dynamique économique des leviers efficaces.
Mais là où le bât blesse c’est le manque de visibilité de ce marché, au regard du consommateur, notamment particulier, l’information biaisée qui est dispensée sur les produits bancaires, les fausses campagnes de promotion, les publicités mensongères, l’opacité sur les règles concurrentielles, la prise en otage des ménages endettés, le manque de coordination entre les organismes de crédit pour parvenir de concert à un dispositif préventif contre le surendettement, les taux aberrants appliqués aux crédits, toutes formes confondues.
Dans un secteur qui fait partie des activités qui se prêtent le plus à la globalisation et à la mondialisation, il est tout simplement anachronique de constater les écarts énormes dans les coûts du loyer de l’argent entre les taux pratiqués chez nous et ce qui est en cours dans des pays voisins et proches ; sans parler de la qualité du service, de la transparence au niveau de l’information, de l’assistance et du conseil qui devraient normalement être assurés par la banque.
Mais du côté des clients également, il y a un grand effort à faire ; celui du plein exercice des prérogatives du client : comparer les offres, s’informer, négocier, être exigent en matière de service, s’assurer contre toutes formes de malversations.
Parce que la banque n’a rien à gagner à spéculer sur l’ignorance des gens et sur la marge de naïveté de ses clients, elle a tout intérêt à informer réellement sur ses prestations et à se doter de véritables outils de compétitivité, pour s’imposer et exercer sainement son activité.

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