Cadrage : Clanisme

Deux membres du Conseil royal consultatif pour les affaires sahariennes (Corcas) ont décidé de geler leur participation aux travaux de cette instance. Une sorte de démission tacite. Une attitude mi-figue mi-raisin qu’un proche du dossier explique par le fait que le respect dû au Souverain empêche les deux membres concernés de démissionner étant donné que les membres du Corcas sont nommés par dahir. Mais, étant en désaccord avec la politique menée par leur président, ils ne pouvaient continuer à l’entériner ne serait-ce qu’en participant aux sessions du Conseil. Une prise de position qui est démocratiquement correcte. Mais, de l’autre côté, on explique les choses autrement. On affirme que les protestations desdits membres ne sont pas dues à des désaccords politiques, mais plutôt à des conflits d’intérêts entre des clans constitués, essentiellement, autour de sensibilités tribales. En tout cas, qu’il existe une sorte de bouillonnement au sein d’une instance consultative est tout à fait normal. Ce qui, par contre, ne devrait pas être toléré c’est que cela se répercute sur son action en en perturbant les démarches et en discréditant les prises de position.
En plus, l’existence de clans ou de différentes sensibilités ne devrait pas se traduire par un rejet sans appel de la démarche du Corcas dans sa globalité. Ce qui s’est fait depuis la nomination de ses membres revêt une grande importance malgré certains reproches au niveau de la méthode de gestion appliquée par son président et qui est jugée, parfois, trop individualiste. A ce dernier, on reproche aussi le fait de s’éloigner de l’un des principes fondateurs de son cahier des charges en tant que meneur du jeu au sein du Corcas à savoir d’être, d’abord, un rassembleur.
Etre à la tête d’une instance consultative aussi importante que le Conseil royal exige  d’être à l’écoute des avis des uns et des autres et de faire en sorte de concilier entre ces différents points de vue pour dégager le consensus qui est un élément indispensable à tout avis consultatif. Sinon, ce dernier n’engagerait que son auteur et non l’instance dans sa globalité.

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