Cadrage : Compétitivité

Les images de détresse et de désolation qui ont occupé ces derniers jours l’actualité nationale, suite aux inondations et aux autres conséquences qui en ont découlé, notamment le gigantesque incendie qui a ravagé la raffinerie de Mohammédia, marqueront pendant longtemps les esprits. Les médias nationaux, presse écrite et audio-visuelle, se sont plutôt honorablement acquittés de leur rôle d’informer, de faire parler les gens à chaud, qu’ils soient victimes, experts ou responsables, locaux et nationaux.
De la somme de reportages et de couvertures réalisées sur les sites de la catastrophe, on peut dégager un certain nombre de leçons qui devront absolument être retenues de cette situation de chaos, qui pourrait, si les éléments naturels se déchaînent à nouveau, qu’à Dieu ne plaise, s’avérer autrement plus catastrophique et meurtrière.
En tête de ces leçons vient certainement le problème de la responsabilité collective : de l’État, qui est en définitive l’instigateur, l’arbitre et le contrôleur des décisions et mesures prises, dans tous les domaines.
Des collectivités territoriales auxquelles revient la responsabilité de gérer l’espace territorial des communes, leurs infrastructures et l’ensemble de l’environnement dans lequel vivent les populations. Des opérateurs économiques, directement responsables de l’état de leur outil de production et de la prévention des risques afférents à leur activité.
L’exemple de Mohammédia est à ce propos très révélateur. Des installations industrielles: raffinerie de pétrole, usine de traitement de produits chimiques, centrale thermique, dont l’activité présente généralement une forte dangerosité, installées en plein périmètre urbain, à proximité d’un espace à forte densité démographique . Il existe certainement une foule d’arguments, tous aussi recevables que les autres, pour justifier cette concentration et mettre en valeur ses apports pour la ville, la région et le pays, en termes de potentiel économique producteur et d’opportunités d’emploi.
Mais, aucune raison ne peut expliquer ou justifier le déficit en termes de mesures de sécurité, vis-à-vis des personnels et des populations de la ville environnante. Aucun argument n’est à même d’occulter les graves négligences relevées ici et là en matière d’entretien des matériels, d’anticipation sur les risques et de coordination pertinente avec l’ensemble des structures intéressées par la prévention des risques et les interventions d’urgence.
Dans ce domaine, comme dans tant d’autres, on se plaît à évoquer l’argument du libéralisme et de la globalisation de l’économie mondiale pour justifier un certain nombre de coupes dans les budgets relatifs à la prévention et à la sécurité, sous prétexte de compétitivité et de préservation des marges de profit. Il est tout autant d’actualité de retourner ce même argument en rappelant que la mise à niveau suppose aussi d’être aligné sur les normes les plus valorisantes en termes de sécurité, de protection de l’environnement humain et naturel, et d’intégration de la notion de droits humains dans l’activité des entreprises. La compétition porte aussi et de plus en plus sur ces arguments-là.

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