Cadrage : Dérives

La découverte et le démantèlement par les services nationaux de sécurité des réseaux de criminels, barbares et monstrueux, liés à des milieux islamistes extrémistes et hautement dangereux a révélé au grand jour les fruits de la propagation d’une culture de l’exclusion, de la haine, de l’anathème et du terrorisme, physique et psychologique, exercé sous le prétexte religieux.
Cette situation inquiétante a logiquement découlé d’un certain nombre de facteurs. Ceux-ci sont certainement et en premier lieu d’ordre socio-économique. La misère, la pauvreté et les frustrations de tous ordres ont poussé dans la marginalité des couches entières de la population jetées en pâture à la démagogie, au discours lénifiant de l’obscurantisme qui promet le paradis à peu de frais.
Mais c’est aussi la mise à jour d’un grave déficit « idéologique » découlant d’un certain laxisme envers les marchands de chimères qui ont squatté les mosquées, les lieux de culte, les écoles coraniques, les campus universitaires et divers lieux publics. Petit à petit et devant la banalisation du prêche informel et incontrôlé, la propagation tous azimuts de la propagande obscurantiste et rétrograde, on a perdu tous les repères en matière d’encadrement de la chose religieuse dans notre pays, glissant vers des dérives et dérapages qui menacent les citoyens dans leur sécurité, leur intégrité et la stabilité de leur environnement social.
À coups d’excommunications, de violences verbales et physiques, d’anathèmes, d’accusations d’apostasie et d’athéisme, tout le monde, pour s’affirmer et se donner l’illusion d’un pouvoir de redresseur de torts, s’est senti autorisé à s’immiscer dans la vie privée des gens, à prononcer des fatwas, à décréter le juste et le vrai, à criminaliser les arts et la création, et à réduire toutes les formes de liberté ou d’ouverture sur les vecteurs de modernité et de progrès.
Si les simples citoyens, par ignorance et indigence intellectuelle ou par une quelconque fragilité, peuvent revendiquer des circonstances atténuantes ceux qui ont délibérément laissé faire, alors qu’ils sont dépositaires d’une autorité administrative ou d’un magistère scientifique ou d’une responsabilité, à tel ou tel niveau, dans la cité, ont des comptes à rendre pour avoir laissé la gangrène se propager et avoir favorisé, d’une manière ou d’une autre, ces dérives et ces travestissements de la religion.
Car, en fait, cette situation a découlé d’un jeu dangereux de ceux qui ont considéré que leur intérêt personnel ou politique convergeait avec l’activisme en faveur de doctrines théologiques véhiculées par des obédiences wahhabites dont ils se sont fait les porte-voix et les relais obligés. Ils se sont ainsi fait les zélateurs d’un modèle de société archaïque qui se trouve aux antipodes du projet de société pour lequel toutes les forces vives de la nation oeuvrent, dans la diversité de leurs sensibilités, mais aussi dans leur commune attachement à notre identité musulmane, modérée, tolérante et ouverte sur le monde.

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