Cadrage : Destin

Le parcours du Rassemblement national est particulier dans le paysage politique marocain. C’est un parti qui est né, cuillère d’or à la bouche, et qui continue à surprendre par ses positions et le ton du discours de son Président, Ahmed Osman.
C’est un parti de droite, et cela personne ne le conteste. En fait, il est l’un des rares partis libéraux du monde arabe qui se distinguent par la modération du discours et par l’expression du choix de la modernité.
C’est un parti de cadres et de notables proches, en général, des centres de pouvoir, aussi bien sur le plan local qu’au niveau national, mais qui a pris des positions en faveur des opposants socialistes lorsqu’ils avaient des démêlés avec les autorités publiques. En 1981, M. Osman s’est prononcé contre l’arrestation de feu Abderrahim Bouabid, et s’est opposé de manière claire et nette à la dissolution de l’USFP, en déclarant qu’on ne saurait effacer d’un seul trait ce parti.
Le RNI s’est distingué, également, et à maintes reprises, par ses divergences avec le ministère de l’Intérieur. En se proclamant du Centre progressiste, il s’est fait tailler un habit qui convient à ses membres en leur laissant le soin de côtoyer l’ensemble des partenaires politiques.
Dans le même ordre, il a constamment fait partie des équipes gouvernementales que le Maroc a connues depuis 1977 jusqu’à nos jours. Ahmed Osman, rappelle-t-on, était Premier ministre, de novembre 1972 jusqu’en 1979, avant de céder sa place à feu Maâti Bouabid.
Ces derniers temps, le RNI semble tiraillé entre ceux qui s’accrochent à leur instinct conservateur et ceux qui veulent l’amener à de nouveaux recentrages.
La position du Président du parti en faveur du mode de scrutin de liste a déstabilisé, en quelque sorte, l’équilibre du Bureau politique du parti, lequel est constitué de cadres et dirigeants habitués à livrer leurs batailles dans la flexibilité des appareils organisationnels et la souplesse des options politiques.
Bref, en s’écartant des partis classiques de la droite et en ne mâchant guère ses mots vis-vis de ses alliés actuels au gouvernement, comme il l’a fait lors de son dernier congrès, le RNI risque de se retrouver écartelé entre deux pôles, s’il n’introduit pas dans son jeu politique des choix plus affirmés et plus compatibles avec son identité. Dans le même temps, Ahmed Osman est de plus en plus enjoint de répondre aux exigences des notabilités qui ont fait l’histoire de ce mouvement et qui réclament plus de droit de cité.

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