Cadrage : Développement participatif

Depuis que le Maroc a récupéré ses provinces sahariennes, il y a un quart de siècle, la question du développement intégré de cette région s’est toujours posée avec acuité. L’annonce, à l’occasion de la visite royale dans ces provinces, de la création d’une Agence spéciale pour prendre en charge et piloter cet objectif vient rappeler le souci et la priorité donnés à cette question vitale pour l’ensemble du pays.
Il est vrai que depuis la glorieuse Marche verte, des efforts considérables ont été déployés pour la mise à niveau de cette région lourdement pénalisée par un colonialisme espagnol qui a maintenu, pendant des lustres, les populations de ces territoires dans le sous-développement le plus primaire. En termes d’investissements pour doter ces provinces d’infrastructures dignes de ce nom, d’équipements socio-éducatifs, de structures administratives et de services, la situation de cette région est considérée, aujourd’hui, comme l’une des meilleures dans le royaume et en Afrique.
Mais, ce n’est pas suffisant. Situées sur une ligne de front où les convoitises et les appétits de toutes sortes lorgnent sans cesse sur elles, ces provinces constituent également un terrain propice, compte tenu de leurs potentialités naturelles, des spécificités éthiques, sociologiques et culturelles de leurs populations, du rôle de passerelle entrer le Maroc et le reste du continent qu’elles sont naturellement habilitées à jouer, pour devenir exemplaires à plus d’un titre.
Dans le cadre des choix stratégiques, de la réflexion et des initiatives qui sont en train d’être entreprises dans notre pays, en matière de régionalisation et de déconcentration, les provinces sahariennes constituent un espace idéal pour mettre en oeuvre avec bonheur l’ensemble du dispositif dont les fondements sont d’ores et déjà en place. Ceux-ci concernent essentiellement une nouvelle approche pour encourager l’initiative et l’investissement, assouplir les procédures administratives, instaurer sur le terrain les modalités du nouveau concept de l’autorité, mener une réflexion intégrée et exhaustive pour que cette région puisse optimiser le profit qu’elle peut tirer de son vaste potentiel en termes de ressources naturelles et humaines.
Une stratégie de développement régional qui tienne compte des similitudes et de la cohérence au sein d’un grande région qui va, du nord au sud, de l’Anti-atlas à la Mauritanie, et d’Ouest en Est, de l’Atlantique à la frontière maroco-algérienne, devra réellement recenser et cibler de vrais paradigmes de développement qui vont des produits de la mer, au tourisme, aux richesses du sous-sol, en passant par une agriculture adaptée aux conditions climatiques et géographiques et diverses autres ressources endogènes.
Mais pour consolider cette stratégie et lui assurer le maximum de garanties de réussite, il est indispensable d’associer toutes les forces vives et toutes les potentialités humaines de la région dans la conception et la conduite de cette stratégie.

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