Cadrage : Dévouement

Cadrage : Dévouement

La société marocaine commence à réagir différemment face aux actes terroristes. Si, au lendemain du 16 mai 2003, les sentiments de condamnation et de rejet se mélangeaient à une grande panique générale frôlant, parfois, la psychose, aujourd’hui, la sérénité avec laquelle les Marocains ont réagi aux actes criminels de Casablanca est à plusieurs égards remarquable.
À Hay El Farah où les services de sécurité pourchassaient les quatre kamikazes avant que trois d’entre eux ne se fassent exploser, les commerces sont restés, pour la plupart, ouverts. Les gens ont rejoint leurs lieux de travail. Et les enfants sont allés à leurs écoles comme d’habitude. Sauf quelques rares exceptions, évidemment. Mais, en général, la vie suivait son rythme normal.
D’un autre côté, les habitants du quartier en question ont fait preuve d’une grande solidarité avec les forces de sécurité qui étaient en place. Guettant la moindre présence douteuse sur les toits des maisons, improvisant une barrière de sécurité en formant une chaîne humaine…certains habitants, notamment des jeunes, ont participé, d’une manière ou d’une autre, à la réussite de la mission des policiers qui, faut-il le rappeler, ont fait preuve d’un haut niveau de professionnalisme et d’un grand dévouement. Le décès de feu M’hamed Zinbiba en est une preuve. Aussi, a-t-on assisté à la naissance d’une sorte de complicité extraordinaire entre la police et les citoyens. L’ancien schéma des citoyens jouant au spectateur neutre alors que le policier pourchasse le criminel a cédé la place à un autre totalement différent. Personne n’est resté dans les gradins. Tout le monde est descendu sur le terrain et s’est impliqué dans le jeu. Quand il s’agit de protéger la nation, que la menace soit interne ou externe, tout le monde est concerné. C’est ça le patriotisme.
Mais, cela n’empêche pas l’existence de certains groupes qui préfèrent encore rester en dehors du consensus national. Toutefois, ils restent très minoritaires dans la société marocaine. Et, aujourd’hui, encore plus.
Ceux qui continuent à justifier d’une manière indirecte les agissements des terroristes en invoquant des raisons sociales ou de présumés mauvais traitements qui auraient été infligés à des Salafistes pendant leurs incarcérations doivent arrêter la mascarade et reconnaître, une fois pour toutes, que le discours qu’ils tiennent depuis plusieurs années a participé d’une manière, parfois directe, à promouvoir l’intégrisme et la haine au sein d’une frange de la jeunesse marocaine.

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