Cadrage : Droit à l’existence

Les derniers évènements qui ont occupé le devant de la scène internationale, les attentats du 11 septembre et la guerre d’Afghanistan présentée, par les Etats-Unis, comme le prélude d’une guerre de longue haleine contre le terrorisme, ont consacré, quoi qu’on en dise, le classique amalgame entre Islam et violence. Ceci s’explique d’abord par un préjugé latent dans l’ensemble des médias occidentaux qui sont prêts à ressortir ce cliché chaque fois qu’il s’agit de porter un jugement négatif sur la communauté arabo-musulmane. Celle-ci, pour sa part, par réaction et par facilité de riposte le plus souvent, se complait dans l’autre stéréotype qui consiste à voir la main du judéo-sionisme partout et à nourrir un fort sentiment de persécution néfaste. Pourtant, il est plus que jamais nécessaire de faire la part des choses et de réajuster ces formes de jugements, hâtifs et dangereux, par une véritable politique du dialogue qui consiste avant tout à préserver les sentiments religieux des uns et des autres, comme une forme suprême de l’humanisme et de l’universalisme. Cette quête, pour idéale qu’elle soit, constitue un fonds et un recours communs contre le cycle de la violence, destructeur et négationniste, qui connaît une escalade dangereuse dans maints foyers de tension à travers le monde. La région la plus explosive à cet égard est certainement celle du Proche-Orient, ce creuset des trois religions monothéistes, qui est actuellement le lieu où se perpétue l’une des injustices les plus criantes à l’égard d’une communauté humaine, palestinienne en l’occurrence. Tous les Musulmans à travers le monde, par la nature de l’appartenance ethnique et religieuse de cette communauté martyre, sont devenus des écorchés vifs et ont des réactions à fleur de peau et excessives, parfois, davantage au niveau du langage que des actes d’ailleurs. Quant à la réalité des causes de la violence et de l’extrémisme, dont le terrorisme est la manifestation la plus radicale, elles sont davantage à chercher dans les inégalités de plus en plus criantes en termes de droits, et en premier lieu de droit à vivre dans la dignité. Un droit que tout le monde est fondé à défendre, chacun par les moyens à sa disposition, par simple instinct de conservation. Dans cet esprit, il est indispensable de faire la part des choses et de faire en sorte que les responsabilités soient équitablement réparties pour ne pas commettre ou susciter, au nom de la lutte contre le terrorisme et la violence, d’autres formes de terrorisme et d’injustices porteuses de risques et de dangers pour l’humanité.

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