Cadrage : Grands chantiers

Le gouvernement Jettou qui devra être installé incessamment sera durablement identifié aux conditions dans lesquelles il aura vu le jour. Sa composition politique, même si c’est elle qui suscite actuellement le plus d’intérêt, cèdera rapidement le pas devant des considérations beaucoup plus pragmatiques et techniques qui ont motivé la nomination de Driss Jettou, que S.M. le Roi a chargé de composer la nouvelle équipe gouvernementale. Ce Cabinet, eu égard à un faisceau de facteurs et de déterminants, devra immédiatement faire face à une multitude d’urgences et de dossiers chauds qui appellent des interventions rapides, conséquentes et efficaces. Dans les tout premiers jours, le gouvernement Jettou devra rapidement régler la question des ajustements inhérents à la nouvelle architecture du Cabinet en précisant et en redéployant les compétences entre ministres et secrétaires d’État selon la nouvelle approche de l’exécutif, avec ce que cela entraînera comme correctifs sur la loi de Finances et les ventilations budgétaires par département.
Ensuite, le gouvernement devra se pencher rapidement sur un dossier explosif, celui des victimes de la piètre et dramatique affaire des victimes de la société émiratie Al Najat et dans laquelle, malheureusement, la responsabilité des pouvoirs publics a été lourdement engagée via l’ANAPEC et le département de l’emploi notamment.
Les villes et villages de l’ensemble du pays bruissent de mouvements de protestation et d’indignation des dizaines de milliers de victimes de cette arnaque à grande échelle, et risquent de provoquer de graves troubles à l’ordre public.
Le traitement et la célérité qui seront réservés à cette question hautement sensible constitueront un bon moyen de se démarquer de l’attitude peu courageuse qu’a eue l’ancien gouvernement dans cette affaire qui est en train de dégénérer. Mais l’exploration des voies de règlement de cette crise va nécessairement se recouper avec les autres dossiers urgents que le nouveau Cabinet aura à gérer. La question de l’investissement, la dynamisation de l’activité économique, la mise à niveau sociale sont autant de chantiers qui devraient tous concourir à la création d’opportunités d’emplois censés profiter à toutes les catégories de chômeurs.
Si l’approche du nouveau gouvernement se démarquait de cette tendance qui présentait l’émigration comme seule alternative au douloureux problème de l’emploi chez nous et ouvrait de nouvelles perspectives et espoirs devant les dizaines de milliers de jeunes et de moins jeunes à la recherche d’une activité génératrice de revenu, ce serait déjà un acquis précieux et capital à mettre à son actif.
Si le gouvernement Youssoufi avait pour charge prioritaire d’assurer la continuité des institutions et de piloter la transition politique, le gouvernement Jettou cristallise davantage les attentes des citoyens en matière économique et sociale. Sur ce plan, il ne pourra pas se contenter de discours, de symbolique ou de rhétorique. Il a une obligation de résultats concrets et quantifiables. Ce sera là le défi majeur que le nouveau cabinet aura à relever.

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