Cadrage : Haro sur le terrorisme

Ils étaient cinq à vouloir, probablement changer le monde. Le Comité exécutif, issu des assises constitutives du Front Polisario, se composait de Mohamed Essaid El Ouali, Omar Hadrami, Brahim Ghali, Mahfoud Ali Diba, Mohamed lamine Ould Ahmed et Ayoub Lahbib , qui allait remplacer El Ouali, mort dans un pseudo-accrochage avec les autorités marocaines. Mais tous les indices portent à croire qu’il ait été liquidé par le pouvoir algérien.
Ils étaient, en quelque sorte, les dirigeants d’un front de désoeuvrés à la merci d’un pouvoir dont les véritables intentions expansionnistes n’allaient pas tarder à se dévoiler devant le monde entier.
Car, jamais dans l’histoire des mouvements de libération authentiques, l’on a vu des groupes rebelles et «indépendantistes» envahir le monde diplomatique avec une rapidité aussi manifeste que ne l’ont fait ces dirigeants du «Polisario». Sur le terrain, rien ne leur manquait, ni l’eau qu’on leur ramenait du coeur de l’Algérie et dont chaque litre coûtait aux alentours de 1,50DH, ni les balles, les cartouches, les chars et l’armement le plus sophistiqué. Alors que l’Etat marocain hésitait longuement avant de les confronter, de leur côté, ils ne faisaient guère de souci, tirant à bout portant et sur tout ce qui bouge.
Il a fallu donc que leur dirigeant, Mostapha El Ouali, succombe à ses blessures, dans un accrochage douteux où il aurait été tué par des Napalms, pour que certains d’entre eux se rendent compte du piège dans lequel ils se trouvent. Alors qu’il devrait normalement être dans son quartier de commandement, l’ironie du hasard a voulu qu’ El Ouali soit, selon la version algérienne, dans une bataille routinière en plein désert. Même l’homme le plus désespéré du monde n’aurait pas fait pire.
Depuis cet instant, la junte militaire algérienne commença à agir dans la clarté en ne laissant aux Sahraouis même pas l’ombre d’une autonomie.
En octobre 1988, soit à quelques mois de la chute du mur de Berlin, des émeutes éclatèrent dans les camps des Séparatistes. Le Comité exécutif des cinq fut alors remplacé par un soi-disant «Secrétariat national» composé de 55 personnes, que l’on voulait représentatif de toutes les tribus sahariennes. Parmi ses dirigeants les plus connus et qui ont regagné la mère patrie, il y a lieu de citer Omar Hadrami, Brahmi Hakim, Noureddine Bellal, Bachir Dkhil et Guejmoula Bent Ebbi. Pris dans une spirale infernale, il ne restait plus pour les Séparatistes engagés, que les voies de l’exil, du retour à la mère patrie ou l’attente du moment de la délivrance. Un moment que les putschistes algériens font tout pour retarder son avènement. Mais en vain. Car le temps a changé, et le monde entier est au fait du danger du terrorisme, surtout quand il n’est pas maîtrisé, comme c’est le cas en Algérie.

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