Cadrage : Intérêts

L’Iran fête ces jours-ci le 23 ème anniversaire de l’avènement de la révolution islamique menée par l’Ayatollah Rouhollah l’Imam Khomeyni, en 1979, et soutenue par des millions d’iraniens. Le peuple iranien, dans les bouleversements que cette révolution a entraînés sur son vécu, et dans les épreuves que de tels choix ont entraînées dans le domaine de ses relations avec les pays voisins et plus généralement avec le reste du monde, a su s’adapter avec deux données de base fondamentales : assumer la réconciliation avec son passé de grande nation musulmane qui a grandement contribué à nourrir la réflexion théologique, scientifique et culturelle de cette communauté, d’une part. Et d’autre part, poursuivre sur le plan interne une grande mutation nourrie du dynamisme que les diverses obédiences idéologiques et doctrinales nationales ont mis dans le débat politique et de société sur la manière de faire en sorte que ce pays s’adapte aux exigences de l’époque contemporaine et de faire entendre sa voix parmi le concert des nations.
Bien entendu, dans un monde de plus en plus globalisant et nivellateur au niveau des modes de pensée, de style de vie et de comportement, il n’y a pas beaucoup de place à la revendication iranienne d’être authentique et de se distinguer par des choix plus compatibles avec son identité. Cette dissonance, qui n’est pas que de surface, bien entendu, a valu à ce pays des inimitiés, des oppositions, des complots et des agressions qui l’ont visé dans sa souveraineté et son intégrité et se sont traduits par une immixtion permanente dans ses affaires internes.
Dans le contexte actuel, et dans le droit fil des conséquences du 11 septembre et des tentatives des Etats-Unis de régler, dans la foulée de la guerre contre le terrorisme, de vieux contentieux et de faire la part belle à la seule attitude et position israéliennes dans le débat sur les équilibres stratégiques dans la région du proche et du Moyen-Orient, l’Iran est de nouveau pris à partie et mis dans le viseur.
Or, ce grand pays mérite plus d’égards, compte tenu de sa place incontournable dans la recherche de toute solution visant à ramener la région à plus de stabilité et de sérénité, et notamment dans la recherche d’un règlement équitable et durable du dramatique problème palestinien. Si les Etats-Unis sont encore perméables à un minimum d’intelligence diplomatique et s’ils sont capables, un instant, de se débarrasser du filtre que les amis de Sharon s’entêtent à leur appliquer sur les yeux, ils pourront se rendre compte de tout l’intérêt qu’ils ont à établir avec ce grand pays des relations de concertation et de coopération réellement bénéfiques à la fois pour ces deux pays, pour le foyer de tension qu’est la région du Moyen-Orient et pour le reste de l’humanité.

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