Cadrage : La Poudrière

La peur a changé de camp. Le Maghreb, qui se croyait à l’abri du terrorisme, est devenu une terre de repli pour Al-Qaïda. L’Internationale terroriste a trouvé dans le no man’s land saharien, plus précisément aux portes du sud-ouest de l’Algérie, un terreau propice à la mise en œuvre de sa stratégie du chaos. Elle peut déjà compter sur un allié redoutable pour l’exécution de ses plans apocalyptiques : le GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat), qui a changé de nom et qui s’appelle désormais Organisation Al-Qaïda au Maghreb islamique. Ce groupe, qui voulait, depuis sa création le 14 septembre 1998, imposer un Etat islamique en Algérie, a décidé, -n’en déplaise à la défunte Union du Maghreb arabe (UMA)-, de «kaboliser» ce Maghreb. Les Etats-Unis déterminés, selon le credo du président Bush, à aller «chercher les terroristes là où ils se trouvent», ont décidé de ne pas rester les bras croisés. La mise en garde, lancée par le Maroc, contre le risque de voir le no man’s land saharien se transformer en «vivier» pour les terroristes, n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd.
Cette étendue désertique, -où les mercenaires du Polisario se livrent, avec la bénédiction de l’Algérie, à toutes sortes de trafics-, est devenue, également, le QG de la nébuleuse terroriste, téléguidée à partir des grottes afghanes. L’attaque meurtrière, lancée par le GSPC, en juin 2005, contre une caserne militaire de Lemgheïti, à 40 kilomètres de Zouérate, en Mauritanie, a dévoilé la face hideuse des complots qui se trament dans cette région. L’Algérie a été alors épinglée, -et pas vraiment à tort-, pour avoir servi de couloir de transit aux 150 terroristes, -équivalent d’une compagnie et demie-, pour l’exécution de cet attentat qui a fait 18 morts, et 20 blessés, parmi les soldats mauritaniens. La compromission des séparatistes n’était pas à démontrer ; le rapprochement entre Nouakchott et Rabat n’était pas pour plaire aux nervis du Front Polisario, et moins encore à leur tuteur: l’Algérie. Mais passons, la situation s’est aggravée au point qu’elle risque d’échapper à tout contrôle. La mobilisation des Etats-Unis pour mettre en place un haut commandement militaire en Afrique traduit la crainte que le no man’s land sahélo-saharien ne se transforme en nouvelle plate-forme du terrorisme international. L’initiative américaine vise à mettre le holà à un réel danger qui guette une région identifiée comme une zone propice à l’épanouissement de l’idéologie de la terreur ; elle résonne, par ricochet, comme un cinglant pied de nez aux ennemis de l’intégrité territoriale du Royaume du Maroc, où sera mis en place le commandement militaire américain. Un choix vu d’un mauvais œil par Alger, qui au nom d’un certain «droit du peuple sahraoui à l’auto-détermination», continue d’offrir le refuge à la bande terroriste de Mohamed Abdelaziz. L’installation du commandement américain, qui marque un changement de tactique, démontre la volonté de l’Administration Bush d’avoir un «regard» sur les pratiques mafieuses d’une bande qui ne représente qu’elle-même.

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