Cadrage : La référence

Les élections communales du 12 septembre 2003 constitueront, à coup sûr, l’an un de référence pour les scrutins à venir. Les statisticiens tableront désormais sur les premières communales sous l’ère de SM le Roi Mohammed VI pour concocter leur tableaux comparatifs. Cette donnée de base s’explique par la transparence des premières élections locales qui ont enfanté la vraie carte politique du Maroc longtemps faussée par la falsification et la corruption. De l’avis général des chefs de partis politiques et surtout de leurs candidats dans les différentes régions, jamais un scrutin ne s’est déroulé dans de telles conditions. A tel point que certains politiques affirment, non sans une pointe d’humour, que le 12 septembre a consacré le ministère de l’Intérieur comme le premier parti du Royaume. C’est le meilleur sacre pour un département qui a été pendant longtemps accusé de tous les maux électoraux. Ce qui n’était pas une fausse accusation puisque tout était gonflé aussi bien le score de certains partis que le taux de participation qui a atteint le pic de la stupidité à 99% et plus. C’est ce qui explique la grande surprise causée par le taux d’abstention aussi bien aux législatives qu’aux communales et la mort à petit feu de certains partis qui étaient longtemps parrainés par l’administration. Quand le référentiel est basé sur de faux critères, il est normal que la transparence et le bon calcul du scrutin de liste révèlent des écarts énormes entre le fictif et le réel. Retour à la case départ avec la prédominance des partis de l’opposition traditionnelle en l’occurrence l’Istiqlal et l’USFP. Ceci étant il reste fort à faire pour que la démocratie marocaine atteigne sa vitesse de croisière notamment en matière de constitution de familles politiques. La balkanisation du champs politique avec une pléthore de petits partis fausse le jeu politique et déstabilise l’électorat. Pourtant la tendance de chacun de ces partis peut être logée dans une galaxie composée au plus de quatre pôles: la gauche socialiste, les conservateurs, la droite libérale et la mouvance populaire. Il suffit que leurs chefs s’y mettent à bon coeur pour outrepasser les susceptibilités du passé, la nostalgie d’une opposition systématique et le scissionnisme en vogue. Dans une élection, ce sont les chiffres qui parlent et non pas les refrains désuets des slogans et autres idéologies révolues. A preuve quand on additionne les scores de toutes les composantes de la mouvance, on en fait le premier parti du Maroc. Tout comme quand on ajoute au score de l’USFP, ceux de toutes les mouvances de gauche, on se retrouve avec une force politique puissante et homogène. Il faut reconnaître que l’USFP , malgré son score honorable, aurait pu mieux faire, s’il n’avait pas été handicapé par ses querelles internes et ses multiples scissions. L’Istiqlal en a profité pour prendre le large et confirmer ainsi la solidité de ses structures, la solidarité de ses militants et son ancrage aussi bien dans les circonscriptions urbaines que rurales. Mais il faut se garder d’anticiper quant à la victoire d’un parti sur un autre dans une commune, un arrondissement ou un conseil de la ville. Le jeu des alliances et des contre-alliances risque de nous réserver beaucoup de surprises.

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