Cadrage : Le soleil et le tamis

Décembre 1991 – Décembre 2001: une décennie triste dans l’histoire de l’Algérie, pays frère et voisin du Maroc et dont l’actualité, les soubresauts et le destin ne peuvent nous laisser indifférents.
L’analyse des péripéties qui se sont déroulées dans ce pays à la fin des années quatre-vingt et au début des années quatre-vingt-dix, marquées notamment par la montée en puissance et le raz-de-marée électoral de l’islamisme politique, puis par l’interruption cavalière du processus électoral à sa phase législative, a été suffisamment ressassée, depuis lors, et interprétée selon la vision et les intérêts des uns et des autres, pour qu’on n’y revienne pas ici.
Mais, il demeure un certain nombre de constats et de remarques qu’il est important de noter à cette occasion. D’abord, une situation politique très peu reluisante marquée par le déchaînement du cycle de la violence dont sont victimes essentiellement les petites gens prises en étau entre la violence des groupes armés et celle des autorités, faisant reculer les espoirs d’apaisement et de réconciliation dans le pays.
Ensuite, l’aggravation de la situation sociale et économique du fait de la paralysie de pans entiers de l’activité productive dans le pays et du manque de visibilité pour tout éventuel investisseur potentiel, tant national qu’étranger.
Enfin, les conséquences de l’attitude chatouilleuse et non lucide des gouvernants d’Alger qui tentent par tous les moyens de faire diversion sur la réalité de la situation intérieure du pays, pour s’accrocher à des faux-fuyants et à des tentatives de mobilisation interne autour de supposés dangers extérieurs et en faveur de chimériques causes humanitaires. L’un des adages les plus cités en Oranie est celui qui dit qu’il « ne sert à rien de tenter de cacher le soleil à l’aide d’un tamis ». Il est peut-être temps pour les détenteurs du pouvoir algérien de regarder les choses en face et de s’armer d’une lucidité qui serait plus constructive dans le projet national de réconciliation et d’ouverture sur son environnement proche et pas forcément hostile. Cet environnement, le Maghreb en l’occurrence, est en panne et pâtit lourdement du désastre et du rendez-vous manqué avec l’Algérie, forte, sereine et démocratique.
Le peuple algérien, au milieu du siècle dernier, s’est vu confisquer les fruits de sa libération du colonialisme chèrement payée ; il saura trouver en lui les ressources nécessaires pour identifier et défendre son devenir et sa dignité, la vraie dignité qui va au-delà des guili-guili mystificateurs qu’une propagande d’un autre âge veut lui faire endosser.

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