Cadrage : Le vrai courage

Les religions ont généralement bon dos : elles supportent à la fois les multiples interprétations, les accusations de tous ordres et tout le monde peut leur prêter les intentions les plus condamnables et les plus réductrices. L’année en train de finir, qui a été particulièrement dramatique sur le plan international avec l’exacerbation des sentiments d’inimitié, de peine justifiée de ceux qui furent touchés dans leur chair et leur vécu quotidien par des attaques terroristes à la violence sans précédent, a été aussi très éprouvante pour ceux qui appellent de leurs voeux une meilleure concorde et un dialogue plus serein entre les cultures et les religions. Au problème des incompréhensions et du choc des extrémismes déjà très sanglant et durable au Proche-Orient, essentiellement du fait des intransigeances de la faction dirigeante à Tel-Aviv qui s’entête à retarder la reconnaissance des droits légitimes à la vie du peuple palestinien martyr, est venue s’ajouter une plus grande suspicion vis-à-vis de la communauté musulmane à travers le monde, accusée abusivement d’être gagnée au fanatisme et à l’irrationnel. Si les trois religions monothéistes sont issues d’un même terreau de croyances, d’une sublimation spirituelle commune et d’une même tension vers l’absolu de l’unicité divine, aucune d’elles ne monopolise, à elle seule, la triste responsabilité des excès de fanatisme et la tentation d’exclure l’autre, qui a été, équitablement et alternativement bien répartie entre courants se réclamant de l’une ou de l’autre de trois chapelles, à travers l’histoire. Il demeure que celui qui détient le pouvoir économique, politique et, partant, médiatique, rectifie, conditionne et ajuste l’Histoire à sa manière. Dans le domaine de la production et de la diffusion du discours, on assiste actuellement à une floraison de pseudo-analyses, aussi ineptes qu’artificielles, mais rarement naïves ou spontanées, sur un prétendu choc des civilisations et des cultures qui dissimulent – mal – des préjugés infériorisants et des a priori de supériorité qui rappellent de tristes souvenirs dans l’histoire mouvementée de l’humanité. Mais, parallèlement à ces semences de graines de haine et de discorde, la sagesse des humains, elle aussi et heureusement, est bien répartie parmi toutes les communautés et n’a jamais cessé de ranimer les flammes, même ténues et timides, de la concorde et de l’universalisme. Et quoi qu’on en dise, c’est de ce côté-là que se perpétue le vrai courage des hommes et des femmes de bonne volonté qui donnent un sens positif à la vie, en célébrant les vertus du dialogue.

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