Cadrage : Leçons d’étape

Au moment même où s’est achevée à Rabat la première manche des pourparlers hispano-marocains, au niveau diplomatique, suite à la crise de l’îlot marocain Leïla, on peut déjà pointer un certain nombre de leçons qui méritent d’être tirées de cette tension et esquisser les contours de ce qui est appelé à changer dans les perceptions des deux pays.
En premier lieu, la mobilisation de la communauté internationale, notamment l’union européenne et surtout les Etats-Unis d’Amérique qui ont pesé de tout leur poids pour contenir la crise et amener les deux parties à un apaisement qui débouche aujourd’hui sur l’ouverture du dialogue. Cet intérêt traduit la préoccupation des grandes nations, notamment celles qui ont des intérêts directs à défendre dans le détroit, telle la Grande-Bretagne et les USA, envers la situation dans ce lieu de circulation stratégique qu’est la méditerranée occidentale. Les risques de tensions et les dangers qui pèsent sur la région sont suffisamment lourds pour ne pas supporter davantage de périls et s’orienter, au contraire, vers une meilleure coordination entre le Nord et le Sud de la méditerranée, basée sur la coexistence pacifique et le traitement équitable des droits légitimes et des intérêts vitaux des uns et des autres.
En deuxième lieu, l’Espagne a vécu ces derniers jours une sorte de mélodrame assez poignant : d’une réaction populiste, belliqueuse, agressive à l’encontre du Maroc, accusé de tous les maux, l’opinion publique et les médias furent contraints de reprendre leurs esprits et de constater les dégâts que de tels réflexes primaires font encourir à la réputation et à la place de l’Espagne dans le concert des nations. Il est urgent pour la classe politique espagnole et les leaders d’opinion ibères de prendre conscience des responsabilités qu’ils sont appelés à assumer en tant que partie intégrante de l’Union européenne, laquelle a pris des engagements multiformes vis-à-vis du Maroc, et à se départir de l’attitude de la puissance tutélaire du Royaume qu’elle ne parvient pas à traiter en tant que partenaire et qu’interlocuteur avec lequel elle est appelée à bâtir l’avenir et à établir des passerelles d’échange et de communication nord-sud.
En troisième lieu, au Maroc cette fois-ci, le socle du patriotisme a une fois encore fait la preuve de sa solidité et de l’unanimité nationale comme chaque fois qu’il s’agit de souveraineté nationale ou de défense de notre intégrité territoriale. Un rappel pertinent au moment même où certains groupuscules et individus découvrent qu’ils se sont prêtés à des manipulations ou à des mimétismes qui leur faisaient faire le jeu de ceux-là même qu’on voit aujourd’hui, en face, défendre des thèses très préjudiciables aux causes et aux intérêts supérieurs de notre pays.
Sauf à se trouver dans la situation très délicate et inconfortable qui est celle de certains officiels algériens et de leurs porte-voix dans les médias de nos voisins au Nord et à l’Est, ces compatriotes se doivent de tirer les leçons qui s’imposent de la crise actuelle entre l’Espagne et le Maroc et de choisir réellement leur camp dans un débat qui laisse très peu de place à l’angélisme et la naïveté.

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