Cadrage : Légitimité

Si le prophète Mohammed avait déclaré devant une éminente audience, que la personne la plus proche de son coeur était Aîcha, pourquoi est-ce que de nos jours, un représentant de la gent masculine citerait sa mère ? Timidité chronique ou héritage misogyne ? L’invitation réelle du comportement du chef des musulmans envers la communauté féminine serait à bien à des égards, bénéfique pour certains. Alors lorsqu’une rédaction tous sexes confondus s’allie pour monter un quotidien dédié à la femme. Loin de nous l’idée de jouer aux féministes de dernière heure, mais seulement un humble témoignage à l’occasion d’une journée mondiale.
Les événements dans les secteurs, politique, économique, social, sportif et culturel remettent régulièrement sur la sellette les inégalités de notre société. Les uns prônent les bienfaits du quota d’autres en revanche n’y perçoivent que les prémisses d’une reconnaissance au potentiel féminin. Par ailleurs, le monde des affaires rengorge de femmes qui ont percé parmi des ténors de la finance. Si longtemps on a targué les femmes d’idéalistes et spirituelles, force est de reconnaître, qu’elles sont capables d’attirer des investisseurs et de «se faire de l’argent». La gestion des hommes est dans leurs cordes, allier autorité et persuasion, le tout avec une touche de douceur et de délicatesse.
C’est peut-être à cause de cette spécificité que la gestion des dossiers sociaux est également à sa portée. Preuve en est les nominations par le Souverain de femmes à des fonctions sensibles et vitales pour le pays. En matière sportive, malgré les contraintes d’ordre matériel et structurel, elles ont combattu et cette fois sur le plan physique. Le drapeau marocain est apparu dans des cieux, jusque là ignorés. En culture, elles n’ont pas seulement été les muses de grands artistes, mais des professionnelles à des niveaux internationaux. Si le degré d’instruction laisse encore beaucoup d’entre elles à la traîne.
Celles qu’on qualifiait d’«incultes» ont exposé dans les plus prestigieuses galeries. Certaines ont même eu le courage d’aller dans des contrées de conflits et de sang et de rédiger des témoignages édifiants, avec une perception exacerbée par de profonds sentiments de dignité humaine et une attentive considération de l’autre. Alors que dans les faits et les prises de positions, les discours des tenants des centres décisionnels, se lancent dans des discours creux et théoriques, pour justifier leur réserve vis à vis du combat des femmes pour faire reconnaître leurs droits. Un code de statut personnel, dont les modifications, du reste inopérantes, se sont imposées à l’arrachée.
Des marches, des consultations avec des oulamas au cours desquelles les interlocutrices étaient perçues comme des « initiatrices à la débauche », une journée symbolique, on peut s’en passer. En revanche, la reconnaissance des droits et obligations des uns et des autres est une priorité qui s’imposera malgré les résistances.

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