Cadrage : Leila la Marocaine

Leila Chahid, l’Ambassadeur de Palestine en France, est une habituée du Maroc et des Marocains auxquels elle est arrimée par mille liens dont certains remontent très loin dans l’histoire. N’est-elle pas la descendante en lignée directe, du côté de sa mère, de la famille bien marocaine des chorfas Alami ? Une famille qui nous rappelle cette tradition ancestrale chez des générations de Marocains nourrissant un rêve très tenace, celui d’aller, au soir de la vie « voisiner » près de la Mosquée Al Aqsa, à Al Qods, pour y jouir d’une retraite spirituelle et rejoindre l’absolu dans cette terre où l’âme humaine elle-même a dû, un jour dans la nuit des temps, prendre naissance.
Ses ancêtres furent parmi ces Marocains qui fondèrent et peuplèrent durant des siècles le fameux Hay Al Maghariba (Quartier des Marocains), à Al Qods, à l’emplacement même où aujourd’hui on voit l’Esplanade des Mosquées et qui a été le premier site de la ville historique à avoir été dénaturé par le pouvoir israélien, au lendemain de la guerre des Six jours. Pourtant, ce quartier des Marocains, durant des siècles, était mitoyen du Mur d’Al Bouraq (ou Mur des Lamentations), haut lieu de culte judaïque, comme il était voisin de sites symboles du Christianisme, et les trois religions monothéistes parvenaient à ce consensus minimum qui consiste à ne pas nier l’autre.
Souvenirs, souvenirs ! Aujourd’hui, Leila est au Maroc. A la joie de renouer avec les siens en cette terre du Maroc, de parler ce dialecte marocain avec son accent libano-palestinien chantant avec délectation, elle vient aussi, à son habitude et peut-être plus que jamais, crier sa passion, nous prendre littéralement à témoin pour nous alerter, nous dire les graves dangers d’un véritable plan d’extermination qui menace l’existence et l’identité palestiniennes, nous éclairer sur les tenants et les aboutissants des tentatives de mystification menées par la junte sioniste de Sharon sous le regard amorphe d’une communauté internationale pétrifiée. Elle est aussi là pour nous restituer les images de la résistance héroïque du peuple palestinien qui trouve dans l’épreuve des ressorts inouïs pour tenir tête à la barbarie et garder la tête haute et digne, parce que plus que jamais conscient du rôle qui est le sien en tant que défenseur des valeurs humaines contre l’acharnement d’un régime raciste, fasciste et odieux.
Leila la Marocaine, Leila la Palestinienne, c’est le témoin privilégié d’une même perception de l’injustice. D’un même souci de rétablir la légalité internationale et la simple équité, là où des peuples sont spoliés de leur histoire et de l’expression de leur appartenance.

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