Cadrage : Lendemains de scrutin

Les jeux sont pratiquement faits. En attendant les résultats de la liste nationale qui sont en cours de finalisation et qui ne devraient pas changer fondamentalement les tendances dessinées par les résultats des circonscriptions locales, la carte politique nationale se prête d’ores et déjà à la lecture et à l’interprétation. La principale donne est d’abord le résultat honorable réalisé collectivement par la majorité sortante.
Avec le bonus inhérent au titulaire de la première place, l’USFP est parvenu à un résultat qui semble le satisfaire, compte tenu de la pression qui pesait sur un parti qui a conduit la période de transition démocratique délicate et piloté un gouvernement d’alternance consensuelle dont le caractère pléthorique et parfois cacophonique a brouillé l’image et gêné l’efficience.
Le parti d’Abderrahmane Youssoufi a pu également vérifier, à l’occasion de cette échéance, l’efficacité de son recentrage, dans le sillage du tournant stratégique de son sixième congrès lors duquel il a dû se séparer d’un certain nombre de ses compagnons de route. Ceux-ci ne sont finalement pas parvenus à parasiter leur formation d’origine malgré les gesticulations et les postures frondeuses. Vient ensuite l’Istiqlal. Le vieux parti national a certes amélioré son score de 1997 et conquis ou reconquis des régions où il était absent. Mais il se livre, au lendemain du 27 septembre, à un certain nombre de contorsions pour, soit dissimuler son dépit de ne pas avoir ravi la première place à son éternel rival de l’USFP, soit faire monter les enchères en prévision des futures négociations, dans l’hypothèse où il serait invité à faire partie du prochain cabinet. Sa position est d’autant plus inconfortable qu’il est talonné de très près par la formation islamiste du PJD qui a réalisé la meilleure percée politique de cette consultation.
Cette proximité devra beaucoup gêner les troupes d’Abbas El Fassi, lequel avait un moment tenté de faire une OPA sur le référentiel islamiste lors de la campagne électorale, en vain, semble-t-il. Les électeurs sensibles au discours conservateur ont en effet préféré l’original pjidiste à la copie istiqlalienne. Reste que dans la mouvance conservatrice, l’Istiqlal pourrait tout à fait mettre dans la corbeille d’une éventuelle sainte alliance avec les islamistes son expérience militante et son savoir-faire politicien qui serait d’un grand secours à des élus encore novices en la matière.
Dans la suite du peloton, les multiples tendances de la mouvance populaire sont appelées à jouer un rôle déterminant dans les futurs rapprochements politiques, à la condition, cependant, qu’elles parviennent à un minimum de coordination, voire d’harmonie dans les positions. Le RNI, quant à lui, avec le même score que le PJD, demeure en tout cas éligible à faire partie d’un futur gouvernement, même si la logique de formation homogène en son sein cède souvent le pas devant des calculs individuels ou claniques qui chahutent la cohérence de son discours et de son positionnement. Pour le reste des formations, elles fonctionneront finalement comme des forces d’appoint, par vocation ou par nécessité.
En tous cas, les prochains jours promettent de longues et éprouvantes tractations avant de connaître les hommes et les femmes qui composeront le prochain exécutif.

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