Cadrage : Les hommes de demain

La campagne pour les législatives entre dans sa phase officielle pour deux semaines. Dans les partis politiques, la phase des turbulences internes liées à l’investiture des têtes de liste est généralement dépassée. L’heure est à la mobilisation tous azimuts pour convaincre les électeurs et remporter le maximum de sièges à la future assemblée.
Là réside l’enjeu essentiel du scrutin, dont les résultats redessineront la carte politique marocaine et dégageront l’élite de demain parmi laquelle sera recrutée l’équipe gouvernementale qui aura à assumer le pouvoir exécutif dans le pays.
Les contours et la nature de cette équipe seront obligatoirement déterminés par la personnalité et le profil du futur Premier ministre qu’il revient au Souverain, de par la constitution, de choisir et de nommer.
La logique constitutionnelle, ainsi que le bon sens politique laissent supposer que le futur chef de gouvernement sera issu de la formation politique qui arrivera en tête en termes de sièges remportés aux législatives. En l’absence de sondages fiables ou de projections plus ou moins crédibles, on se rabat plutôt sur des supputations fondées sur l’implantation de tel ou tel parti, son dynamisme, la qualité des listes présentées au suffrage des électeurs, la couverture du territoire national, etc.
À l’aune de ces paramètres, les partis de l’USFP et de l’Istiqlal semblent en pôle position, et nourrissent, l’un et l’autre, l’espoir de porter l’un des leurs à la primature.
L’Istiqlal ne dissimule point cette ambition. Cela fait déjà longtemps qu’il estime qu’il devrait bénéficier d’une sorte d’ «alternance dans l’alternance» et qu’il lui revient presque de droit de prendre le relais de son frère-ennemi de l’USFP dans la conduite du gouvernement.
Les Socialistes, pour leur part, considèrent qu’ils sont loin d’avoir démérité et d’avoir épuisé leurs chances pour voir l’un des leurs succéder à Abderrahmane Youssoufi, forts qu’ils estiment être d’une expérience appréciable dans la gestion de la chose publique et d’une image, somme toute, qui n’a pas trop souffert de l’usure du pouvoir.
Mais, quoi qu’il en soit, et en attendant, bien entendu, le verdict des urnes, on peut d’ores et déjà esquisser quelques unes des caractéristiques qui devront qualifier celui qui sera demain appelé à la Primature. Il devra d’abord être élu, pour bénéficier de l’onction du suffrage populaire. Ensuite, il devra être en phase avec la nouvelle génération de responsables dans les divers secteurs d’activités, proche de leurs préoccupations, synchrone avec le rythme accéléré des évolutions qui attendent le pays dans tous les domaines, conscient de la nécessité de passer à la vitesse supérieure dans les réformes et les divers aménagements institutionnels et procéduriers.
Notre homme devra aussi être un véritable meneur d’hommes, animateur d’une équipe, la plus ramassée et la plus homogène possible. Bref, il devra être compatible avec une nouvelle phase qui s’ouvre pour le pays, succédant à celle de la transition démocratique consensuelle. Celle-ci a eu le mérite de consolider l’édifice institutionnel et de préparer un arsenal législatif et juridique qui permettra, selon toute probabilité, de réussir des élections transparentes, honnêtes et incontestables. Ce fut un immense chantier. Mais il ne prendra toute sa valeur et sa portée stratégique que s’il facilite l’accès aux responsabilités d’une nouvelle génération d’hommes d’État et de décideurs capables de traduire concrètement l’ambition du Maroc d’accéder à plus de modernité et de progrès.

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