Cadrage : L’expression d’un choix

Ça y est. Les dés sont jetés. Dans les partis politiques, il va falloir désormais panser les blessures de la rude bataille des têtes de liste, notamment dans les vieux partis où les prétendants étaient nombreux, alors que les places en position éligible sont limitées.
Dans les nouveaux partis, le problème est sensiblement différent : le défi consistait à trouver de nouvelles têtes. Mais, encore fallait-il mettre la main sur l’oiseau rare qui rassemble à la fois l’ambition de s’engager politiquement, la notoriété qui permette à sa formation de se faire une place au soleil, mais surtout une contribution consistante à « l’effort de guerre ». Parce qu’en définitive, dans la majeure partie des formations, les places en position éligible sont revenues, d’une manière ou d’une autre, au plus offrant. Parfois, celui-ci était loin d’être le plus compétent ou le plus intègre des prétendants. Aux électeurs, donc, de dire leur mot, en espérant qu’ils donnent une prime à ceux qui seront à même d’améliorer la pratique parlementaire et de renforcer la crédibilité de la représentation nationale.
L’administration, pour sa part, est en pleine ébullition. Mais, elle vit en même temps dans une ambiance de relative sérénité. Parce que, pour une fois, elle se contentera de remplir ses prérogatives techniques qui consistent à veiller sur le bon déroulement de l’ensemble de toutes les opérations relatives à ces élections et à en assurer les conditions matérielles nécessaires.
Le pays entre progressivement dans l’ambiance chaude de la campagne électorale. Il est normal, voire salutaire, que cette période donne lieu à des polémiques, à des confrontations, à des débats, mais aussi à des surenchères et à des tensions inhérentes à ce genre d’exercice citoyen et civique, sous toutes les latitudes.
C’est même une fierté pour le Maroc de donner à voir une vie politique animée, pluraliste et qui aspire à s’inscrire dans les canons les plus exemplaires en la matière, pour ancrer le pays dans le concert des nations qui assument le choix de la démocratie participative en tant que mode de gouvernance et en tant que projet de société unanimement agréés par la nation, dans toutes ses composantes et sensibilités. C’est sur ces bases que l’on se rend compte de l’importance des prochaines consultations qui sont appelées à porter à la Chambre des Représentants les élus de la nation, chargés de légiférer et de donner une impulsion qualitative au développement du pays, tant du point de vue institutionnel, que sur les plans économique et socio-culturel.
Le défi majeur qui s’impose à nous tous c’est de renforcer et d’enraciner de manière irréversible les principes de la démocratie et du pluralisme dans notre pays. Un projet d’autant plus nécessaire et vital qu’il faut se prémunir contre toute dérive qui vise la confiscation de la démocratie chez nous et sa mise sous tutelle par la tentation fascisante d’une horde d’illuminés acquis à des doctrines obscurantistes, rétrogrades et liberticides. Dans ce sens, on se rend compte que les élections, au-delà de leur aspect compétitif qui peut sembler parfois puéril et trivial, sont surtout l’expression de l’adhésion à un projet de société où le renforcement de la démocratie est un facteur d’épanouissement de la communauté et des citoyens qui la composent.

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