Cadrage : Mauvaise foi

«L’Union socialiste des forces populaires est un membre de l’internationale socialiste. Il organise cette année ses assises, mais ne peut avoir le droit d’imposer ses invités ou d’en refuser». C’est en ces termes que l’on peut résumer la position, peu enviable, de l’USFP, vis-à-vis de la présence de dirigeants du Parti travailliste israélien, le 31 mai, pour les travaux de l’assemblée de l’IS, à un moment où la guerre menée par le gouvernement de Tel Aviv contre les Palestiniens se poursuit.
Certains, animés par les sentiments de révolte légitime légitime, appellent au boycott pur et simple de tous les contacts avec les Israéliens. Et l’assemblée de l’IS au Maroc est donc d’une actualité brûlante. Mais, la discussion et le débat ont été dévoyés parce qu’ils sont hautement instrumentés contre le parti de l’USFP et contre le gouverne ment de Abderahmane Youssoufi.
Les meneurs de cette campagne d’hostilité contre l’USFP, plus que contre les Israéliens, sont surtout les partisans du Parti de la justice et du développement (PJD). D’autant plus qu’ils viennent d’être pris la main dans le sac dans une honteuse opération d’abus de la générosité des Marocains qui contribuent pécuniairement à l’effort de solidarité avec la Palestine. Leur manière de faire laisse songeur. Parce qu’au-delà des questions de principe, c’est tout le tintamarre pré-électoral qui est mis en avant. Pire encore, lors de la séance du parlement du mercredi dernier, les députés PJD ont brandi des pancartes condamnant l’arrivée au Maroc de dirigeants israéliens, invités par les socialistes. Des altercations entre les députés des deux camps s’en sont suivies. Une belle image d’une démocratie en consolidation et qui fait les frais de la démagogie et de la mystification.
Au fait, l’Internationale socialiste est une instance de coordination entre les partis socialistes de par le monde. Il y en même qui ne sont pas vraiment des partis socialistes mais qui y sont membres. C’est surtout un lieu qui permet des échanges de vues, des moyens de coopération et surtout des prises de position proches. Et depuis son adhésion, l’USFP a toujours pu défier ses détracteurs au sujet justement de la présence des travaillistes israéliens à ses côtés. Même à l’intérieur du parti, les membres de l’ancienne commission administrative, qui allaient fonder le PADS par la suite, ont toujours reproché au bureau politique du temps de feu Abderrahim Bouabid cette appartenance discutable.
Aujourd’hui, force est de constater que dans cette affaire, il y a plus de calculs politiciens et de surenchère que d’expression de positions de principe. Au vu du ton de cette nouvelle campagne, l’on constate l’ombre d’une technique de camouflage qui voudrait faire oublier aux électeurs du 27 septembre prochain l’odeur de scandale suscitée par les tripatouillages des fruits des collectes d’argent auprès des donateurs abusés sur la finalité de leurs dons. Et là, effectivement, réside le vrai scandale.

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