Cadrage : Mèche

Les tambours de guerre tonnent aux portes de l’Irak. Mais ont-ils réellement cessé de le faire depuis plus d’une décennie maintenant ? Les Etats-Unis n’ont jamais été vraiment satisfaits des résultats de leur campagne militaire, tambour battant, contre l’Irak, lorsque le président Saddam Hussein avait prêté le flanc en envahissant le Koweit, un beau matin de l’été 2000. L’administration de Bush, le père, avait immédiatement senti, après le cessez-le-feu, qu’il n’avait pas fini le boulot. Un goût amer d’inachevé. Ce n’était pas un simple oubli ou un quelconque scrupule qui avait été à l’origine de la clémence américaine. Le choix de mobiliser une vaste alliance internationale contre l’Irak, ce mal absolu, impliquait aussi de ménager certains intérêts des alliés de la région et notamment ceux pour qui l’éclatement de l’Irak signifiait une remise sur le tapis de l’épineux et chaud problème kurde. Alors, malgré les faucons américains et malgré les pressions israéliennes qui participaient activement à la diabolisation du régime de Baghdad.
Mais tout cela fait partie désormais d’un passé très lointain et obsolète. Depuis le 11 septembre noir, on est entré dans une autre logique et une autre histoire.
Les centres de pouvoir aux Etats-Unis, au lieu de remettre sérieusement en cause les défaillances de leurs pléthoriques systèmes d’information liés à la défense et à la sécurité, sont en train de se livrer actuellement à une vaste fuite en avant, renonçant à toutes les valeurs, y compris celles qu’ils avaient eux-mêmes érigées en tant qu’étalon pour jauger le degré de développement et de civilisation des autres pays et nations. La lutte légitime contre le terrorisme aveugle et abject est devenue un prétexte pour faire feu de tout bois, remettre au goût du jour la toute-puissante hégémonie militaire américaine, celle qui ne s’embarrasse d’aucun scrupule, y compris celui qui ferait la moindre place aux droits élémentaires des peuples et populations victimes des amalgames et des excès de cette mobilisation.
Alors, l’administration fédérale est en train de mobiliser ses troupes, ses moyens militaires phénoménaux, un potentiel économique et financier sans commune mesure avec tout ce qui a été dépensé jusqu’à présent au chapitre de l’effort militaire, un arsenal idéologique et diplomatique, réducteur et simpliste, qui impose les vues américaines comme la Vérité vraie et présente tous les avis dissonants comme une belligérance ouverte envers les USA. Dans leur guerre contre le Mal, qu’ils s’arrogent le droit, à eux seuls, d’identifier et de châtier, les Etats-Unis sont en train de donner davantage d’arguments à ceux qui ont développé injustement et dangereusement des sentiments anti-américains extrémistes et irrationnels. George W. Bush continuera à dire qu’il ne comprend pas. Mais cela semble, finalement, un cas désespéré.

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