Cadrage : Menaces

L’eau sera, de l’avis de tous les spécialistes et futurologues, un enjeu de plus en plus en plus stratégique et décisif dans la vie des nations et dans l’établissement des futurs équilibres géo-stratégiques de la planète. Il s’agit d’assurer aux humains les besoins fondamentaux en eau potable, en eau de breuvage pour les animaux, en potentiel hydraulique pour satisfaire les besoins d’une agriculture de plus en plus vorace en eau et de répondre aux exigences d’infrastructures industrielles, grandes consommatrices en la matière. Parallèlement à ces besoins, on est de plus en plus conscient – même si on demeure souvent fataliste sur ce plan – des dangers qui guettent le patrimoine humain en eau : pollutions de diverses natures, gaspillage des ressources, problèmes de gestion et de recyclage des eaux usées en milieu urbain, détournement des nappes souterraines, pillage des cours d’eau, etc.
Le Maroc, à cet égard, est un échantillon très représentatif de cet état des choses. Une attitude visionnaire de feu S.M. Hassan II a amené le pays à se doter d’un bon potentiel de retenues hydrauliques. Des pans entiers d’agriculture à forte valeur ajoutée ont été sauvés et fructifiés. Une politique d’adduction d’eau à partir de ces gros équipements disséminés à travers l’ensemble du territoire national a fait en sorte qu’à quelques exceptions près, les populations urbaines sont en général à l’abri de la pénurie.
Mais, ces avantages ont à la fois leurs limites et leurs travers. Les limites se manifestent dans le mauvais partage de ces atouts entre les territoires et les gens, les travers résident dans le manque de suivi, de maintenance, de préservation de la qualité de ces ouvrages et de leurs performances. Ce qui limite gravement l’impact que de telles infrastructures auraient pu avoir.
Mais, plus généralement, avec l’avancée des connaissances humaines sur la question, on se rend compte que ce n’est pas par ce biais-là qu’on trouverait les réponses adéquates aux divers problèmes de l’eau qui se posent actuellement et qui seront appelés à s’aggraver si l’on ne prenait pas les mesures énergiques, volontaristes et audacieuses nécessaires.
Il s’agit, d’abord, d’entreprendre une approche à la fois globale intégrée et exhaustive qui agisse sur l’ensemble des segments du problème. Ensuite, il est indispensable d’associer l’ensemble des opérateurs économiques et sociaux dans la réflexion et la mise en oeuvre d’une véritable politique nationale de l’eau.
Enfin, il faut oser le pari scientifique et technologique qui est à même de fournir les réponses adéquates et pertinentes aux divers problèmes liés à l’eau. Ce pari a fait ses preuves ailleurs. Alors, à l’ère de la communication et des possibilités immenses de la transmission du savoir, l’eau pourrait être un bon vecteur pour tirer le maximum de profits de ce partage.

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