Cadrage : Mortellement dangereux

C’est alarmant. La fréquence des brûlures par gaz butane dues à la défaillance des normes de sécurité et un mauvais usage des bouteilles de gaz de 3 kg est très élevée. Déjà la mortalité par brûlure constitue un véritable problème dans les pays en développement.
Si la flamme est en cause dans 52% de l’ensemble des décès, le gaz butane en est responsable dans 79% des cas. Ces brûlures sont généralement étendues et souvent associées à une atteinte respiratoire par inhalation lors des explosions de bouteille de gaz. Notre pays ne fait pas l’exception.
Certes, le sinistre fait partie de la vie, sauf que dans le cas des bonbonnes de gaz, l’erreur est beaucoup plus fréquente que ce soit du côté des utilisateurs, dont le degré d’ignorance est une circonstance atténuante, ou du côté des sociétés de fabrication. C’est à ces derniers qu’incombe une plus grande responsabilité. Les centres d’emplissage et dépositaires doivent être soumis à un contrôle d’une rigueur extrême. La mortalité par brûlure reste ainsi élevée dans notre contexte. La cause principale est représentée par la flamme avec en chef de file les accidents par gaz butane. La défaillance matérielle et le manque de personnel soignant suffisant depuis le ramassage jusqu’à l’hospitalisation rendent compte de la nécessité d’insister sur les moyens de prévention à différents niveaux tant primaire que secondaire que tertiaire dans un pays en développement. La majorité de la population marocaine vit dans la campagne ou dans les zones péri-urbaines. C’est cette majorité qui utilise les petites bonbonnes de gaz à tous les usages, alors qu’en réalité cette petite butane est conçue pour des usages secondaires. Le prix de la recharge (environ dix dirhams) est à la portée des maigres revenus. Souvent les gens voyagent en transportant cette bouteille dans leurs bagages, loin de se soucier du danger qui les guette à la moindre défaillance d’attention. Durant une seule année, un grand nombre d’incendies ont été provoqués par des bouteilles de 3 kg : 160 feux et 14 explosions. Un échantillon qui fait peur, et qui nécessite une réaction immédiate des responsables en matière de sécurité dans la fabrication, dans l’emplissage et la manipulation de ces petits barils à poudre. A côté du contrôle, s’impose également l’importance de la communication. Elle doit cibler les utilisateurs, aussi bien le grand public que les fabriquants , les importateurs et les revendeurs etc.
Les médias ont un rôle tout aussi important dans ce sens. Ils ont une mission d’information et d’éducation qui touche le maximum de public. Devant le taux élevé des accidents par gaz butane avec en cause les bouteilles de 3 kg, ces dernières devraient obéir à des normes de sécurité plus rigoureuses.
Un tour dans les services d’urgence, au pavillon des brûlés du CHU Ibn Rochd, devrait suffire à n’importe quel responsable pour entamer sur le champ les mesures nécessaires. C’est un vrai traumatisme de se retrouver dans ce pavillon qui semble directement issu d’un décor de cinéma apocalyptique.

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