Cadrage : Névrose

Dans le registre de la montagne qui accouche d’une souris, un autre aphorisme plus arabe évoque ces grincements de moulin, stridents et désagréables, et qui, en fin de compte ne donnent même pas de farine ! Avec le dernier rapport des Nations-Unies, on a véritablement une très bonne illustration de ce surplace qui dure depuis maintenant un peu plus d’un quart de siècle, avec quelques constantes immuables et redondantes, à tel point qu’elle ne provoquent plus qu’une moue d’indifférence chez tous ceux qui sont lassés de cette ritournelle.
L’ONU se montre hélas une fois encore incapable de dire de manière franche et équitable le droit, celui de ces milliers de familles marocaines prises en otage sur le territoire algérien. Des conditions absurdes qui font jouer à ces victimes une sorte de parodie de mouvement de libération nationale, mascarade qui fait insulte aux vrais martyrs de la lutte pour la liberté dont des centaines de milliers de patriotes algériens furent les victimes dans les années cinquante. Voilà que les héritiers des Moujahidines assistent, à leur corps défendant, à cette opérette de pacotille dont Abdelaziz Bouteflika et les hauts gradés de l’armée algérienne, tirent les ficelles dans un but bien précis et un seul, nuire aux intérêts du Maroc et semer le doute sur la légitimité de son combat pour défendre son intégrité territoriale. Un objectif qui dépasse la simple stratégie géopolitique pour fonctionner comme une idée fixe qui ressemble à s’y méprendre à une grave névrose qui colle à la peau d’un quarteron de caciques de l’ex-FLN, ceux-là mêmes qui avaient le plus bénéficié de l’appui et de l’hospitalité du Maroc dans l’épreuve. Bouteflika n’a-t-il pas gommé purement et simplement de sa biographie officielle, le lieu de sa naissance, Oujda, comme si cela lui rappelait un apparentement intolérable !
Bouteflika, revenu aux affaires après sa traversée du désert, a repris à son compte le vieux dossier dont il s’était longtemps occupé en tant que chef de la diplomatie algérienne, en ressuscitant les mêmes recettes et les mêmes manoeuvres : corruption et achat de suffrages formels et informels pour appuyer sa démarche, désinformation, faux-fuyants, déclarations intempestives, démagogiques et populistes, pressions en tous genres, fuite en avant. On pourrait dire que la seule différence entre l’ancienne version et sa copie réactualisée réside dans le peu de crédit que le monde est en droit d’accorder à ces gesticulations puériles pour cacher un tant soit peu le véritable drame que vit l’Algérie sous un régime sanguinaire et corrompu.
Quant au Maroc, il a la modestie de penser que son droit est d’abord celui de jouir de son entière liberté dans l’ensemble de son territoire. N’ayant rien usurpé à qui que ce soit et fondé à défendre son intégrité territoriale et ses droits historiques légitimes, il est convaincu que le peuple algérien, une fois libéré du carcan d’une nostalgie anachronique et téméraire, saura prendre la part qui lui revient de droit dans l’édification du Grand Maghreb que nous ne cessons d’appeler de nos voeux.

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