Cadrage : Passerelles

Le Maroc abrite un important sommet tripartite Libéria – Sierra Leone – Guinée, avec l’onction de l’Organisation des Nations-Unies. En accueillant les chefs d’Etat des trois pays avec l’espoir et la volonté de jouer pleinement et équitablement son rôle de médiateur dans un conflit fratricide qui n’a que trop duré, le Maroc renoue avec son rôle traditionnel, au niveau du continent, celui de facteur de modération, de pondération, de sagesse, de bons offices et de règlement des conflits par la négociation et dans le cadre de la légalité internationale.
Souffrant lui-même des conséquences, sur son territoire et sa destinée, des politiques coloniales de la première moitié du siècle dernier et des jeux d’influence que les superpuissances se sont livrées dans diverses régions du continent, le Maroc est suffisamment attentif aux sensibilités des uns et des autres sur des questions essentielles qui mettent en jeu leur intégrité territoriale, la défense de leur souveraineté contre les ingérences étrangères et la préservation de leurs ressources naturelles. A ce titre, il saura être de bon conseil et continuera de s’investir pour limiter les divergences et rapprocher les points de vue.
Mais, dans un cadre plus général qui déborde le rôle honorifique de médiateur parmi les Etats africains, le Maroc a de tous temps fait preuve d’un grand engagement pour les causes vitales du continent, au premier rang desquelles se situe la grande question du développement durable et des menaces qui pèsent sur le sort de l’Afrique, marginalisée et laissée pour compte du développement du monde. Défenseur inlassable du continent noir dans les enceintes régionales et internationales, auprès des bailleurs de fonds et dans les divers forums où il se fait porte-parole de la revendication africaine, le Maroc ne cesse d’oeuvrer pour le renforcement de la coopération sud-sud en appelant de ses voeux une meilleure valorisation de la complémentarité inter-africaine et une optimisation des ressources africaines, en biens matériels certes, mais aussi et surtout en potentiel humain et en biens immatériels, richesses inestimables encore très peu explorées en Afrique, ce continent de sens en friche.
Si des liens institutionnels, économiques, culturels et artistiques sont bien présents à travers la multitude de passerelles et d’itinéraires historiques liant le Maroc à ses racines africaines et que les aléas du temps n’ont heureusement pas réussi à estomper ou à briser, il demeure nécessaire de réactualiser ces relations dans tous les domaines et de leur donner une nouvelle vigueur, en mobilisant l’ensemble des acteurs et en combattant toute forme de négligence ou d’indifférence, qui par a priori ou par simple paresse intellectuelle, réduisent la portée et la véritable épaisseur de l’action du Maroc dans ce domaine. Notre pays joue traditionnellement et naturellement le rôle de trait d’union entre l’Afrique, l’Europe et le reste du monde. Ce rôle n’est pas simplement géographique, il est aussi culturel et spirituel. Et dans un monde où ces valeurs ont de plus en plus tendance à se faire rares, le rôle éclairé du Maroc sera évidemment de plus en plus sollicité.

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