Cadrage : Poisons

Un homme vient d’être condamné à la peine capitale pour avoir empoisonné une jeune femme enceinte d’une liaison qu’ils avaient eue ensemble. La Cour d’appel d’El Jadida qui a prononcé le verdict a appliqué rigoureusement l’article 398 du Code pénal qui prévoit la sentence extrême pour le délit d’empoisonnement.
C’est un drame multiple : celui d’une jeune femme, à peine à son dix-huitième printemps, celui du foetus, une autre vie humaine en gestation et qui fut sacrifiée, et enfin celui d’un homme qui à la quarantaine d’âge va, dans les meilleurs des cas, finir sa vie hors la vie normale. Sans parler du calvaire des familles de ces victimes.
Au-delà de la répulsion que l’on pourrait avoir pour une peine si radicale et si négative de la vie, se pose ici le grave problème de l’empoisonnement et les multiples possibilités de commettre cet acte hautement répréhensible. Sur soi-même dans les nombreux cas de suicide. Sur les autres par intention maligne ou criminelle.
Ou encore par accident dans les innombrables cas d’empoisonnement suite à l’absorption ou à l’administration de concoctions et de recettes issues de l’imaginaire et de l’ingéniosité de charlatans, d’apprenti sorciers ou autres prétendus herboristes peu avertis.
L’aspect le plus grave en la matière est l’extrême facilité qu’il y a à se procurer, moyennant des sommes dérisoires, toutes sortes de produits hautement nocifs et toxiques auprès des divers fournisseurs, plus ou moins patentés, dans les circuits parallèles des produits pharmaceutiques, dans les circuits de produits chimiques détournés de leur destination première, voire dans la nature même où des herbes et plantes très dangereuses sont recueillies sur prescription charlataniste ou sur conseil mal avisé et dont les conséquences sont fatales.
Dans la plupart de ces cas de figure, il s’agit pour les pouvoirs publics et pour l’ensemble des filières et organismes qui manipulent, pour des raisons professionnelles ou commerciales, ces produits toxiques, de multiplier les précautions et les garde-fous pour assurer la plus grande vigilance et le plus haut niveau de sécurité sur les voies de circulation de ces matières.
Mais, il existe aussi d’autres niveaux et procédures qui ne sont pas obligatoirement répressifs et qui peuvent limiter les cas d’empoisonnement, notamment ceux qui sont dus à l’ignorance de la nature nocive et des conséquences néfastes de certaines pratiques. Une tâche qui relève d’une information précoce et généralisée dans les circuits socio-éducatifs sur les dangers des produits toxiques et de certaines matières naturelles aux effets dévastateurs, et qui est à même de prévenir d’innombrables drames et situations tragiques dues à l’inconscience, la plupart du temps.

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