Cadrage : Reflets

L’une des leçons les plus significatives de la campagne politique pour les élections législatives est certainement la place des femmes dans les listes présentées par les différents partis politiques aux suffrages des électeurs. Certes, de manière générale le Maroc fait figure honorable en comparaison avec la majorité des pays arabes concernant la place de la femme dans la vie civique et institutionnelle. Mais, il n’y a certainement aucune fierté à se sentir meilleur en comparaison avec des régimes aussi archaïques et rétrogrades que ceux d’Arabie saoudite ou d’autres pays du golfe où la femme est complètement mise sous tutelle. Puisse-t-on encore se préserver contre ceux qui trouvent un certain charme, ou confort psychologique, à souhaiter enfermer la femme derrière une burqa à l’afghane !
Il n’en demeure pas moins que le statut de la femme dans notre pays accuse un grave retard en matière d’égalité des droits civiques, économiques, matrimoniaux, eu égard avec la place qu’elle occupe dans les rouages économiques, traditionnels et modernes, dans l’éducation et la gestion des affaires des ménages, dans les activités de la société civile et dans l’ensemble des affaires de la cité.
Il faut dire que la prise de conscience vis-à-vis de cet état de fait est quasi-unanime au sein des pouvoirs publics comme parmi toutes les forces vives de la nation. Ce qui explique que l’une des mesures les plus importantes de la législature qui s’achève est sans conteste l’adoption de la liste nationale réservée, en principe, aux femmes et qui devrait se traduire concrètement par l’entrée d’au moins une trentaine de nos concitoyennes à la Chambre des représentants.
Ce qui prend des allures de révolution quand on sait que jusqu’à présent jamais elles n’ont bénéficié de plus deux sièges. Ce n’est pas faute d’avoir, par le passé, tenté de se faire une place parmi les candidats à la candidature au sein des diverses formations politiques auxquelles elles appartiennent. Et là se pose sérieusement la question de la démocratie interne dans les dites formations comme se pose plus particulièrement le statut qui y est réservé à la femme.
On constate actuellement que nombre de partis politiques se sont contentés du «minimum syndical» en la matière, en ne désignant aucune tête de liste femme dans les 91 circonscriptions électorales régionales. L’USFP, contre toute attente, donne le mauvais exemple à ce propos, en faisant moins d’efforts que le FFD, en pointe à cet égard, l’Istiqlal ou le PJD qui ont fait confiance à des femmes pour piloter leurs listes de circonscription, outre la liste nationale. Il en découle un véritable malaise au sein des partis politiques qui ne considèrent pas encore leurs militantes dignes de jouer les premiers rôles, leur préférant soit des vedettes venues d’ailleurs ou tout simplement des hommes. S’il est vrai que ces structures organisées ne reflètent en définitive que les moeurs de la société de laquelle elles sont issues, il leur incombe d’être malgré tout exemplaires dans la concrétisation des principes qu’elles prétendent défendre, dont ceux d’équité, de justice et de démocratie; et d’abord dans leurs propres rangs.

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