Cadrage : Responsabilité civique

La catastrophe pouvait être beaucoup plus grave, nous dit-on. Les morts plus nombreux et les dégâts plus lourds encore…Certaines analyses font froid dans le dos. Et peut-être que l’ampleur du dispositif sécuritaire et hospitalier mis en place aux abords du site de Mohammedia, dans les premières heures consécutives à l’incendie de la raffinerie laisse entende qu’on a, un moment, appréhendé le chaos.
Mais, même si on suppose que le pire a été évité, le bilan des victimes, des dommages économiques et des dégâts de toutes sortes est très lourd. Avec son cortège de malheurs, de détresse humaine et de populations sinistrées, parmi les couches sociales les plus fragiles.
Délimiter des responsabilités c’est une nécessité. Faire le bilan chiffré de la catastrophe, dans la transparence la plus totale est une exigence indispensable. Mais cela ne résout pas pour autant l’ensemble des problèmes.
Il faut reconnaître que pour un pays comme le nôtre, avec ses lots de problèmes de sous-développement et d’infrastructures désuètes par la faute de mauvaise gestion, voire de malversations parfois, on ne peut échapper à ce genre de catastrophes .
Il faut aussi dire que hormis le cas de la SAMIR où des mesures de précautions auraient dû être prises bien avant le drame, les inondations ont pris tout le monde de court, et quand bien même la population avertie, elle n’avait aucune possibilité de faire face au déchaînement des éléments.
La protection civile a certes fait ce qu’elle a pu avec les moyens dont elle dispose. Mais tout cela reste insuffisant même conjugué au bénévolat des citoyens et à l’activité des organismes de la société civile. Les problèmes au fait doivent être réglés en amont par des mesures préventives et des précautions à temps.
D’abord, il est anormal de ne pas disposer de points de repères fiables nous permettant de savoir dans quel lieu bâtir et dans quelle situation évacuer les gens et comment faire fonctionner un plan d’urgence.
Il est plus que nécessaire de prévoir la mise en oeuvre d’un plan intégré de services d’urgence, sur l’exemple du dispositif ORSEC en France, et permettre ainsi à la population et aux autorités de faire face à des situations pour d’extrême urgence, suite à des catastrophes.
Mais, comme le dit la sagesse fataliste populaire «À quelque chose malheur est bon !». Si les images de la catastrophe ont mis à nu l’ensemble de nos défaillances et des dysfonctionnements des structures de décision dans les administrations et les collectivités locales. Si ces graves alertes pouvaient servir de leçon pour qu’enfin des mesures efficientes soient prises en matière d’équipement urbain et local et en matière d’aménagement du territoire. Si toutes ces situations de détresse pouvaient donner lieu à des demandes de comptes et à des opérations de contrôle préventives d’autres catastrophes qui pourraient être plus destructives encore. Alors, les dizaines de victimes, les pertes incommensurables des familles, les dégâts matériels qu’a subi le tissu économique ne seront finalement pas vains. Puisqu’ils auront déclenché le déclic d’une meilleure prise de conscience et d’un nouvel esprit de responsabilité civique.

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